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Les marchés attentistes avant la BCE

Les investisseurs marquent une pause dans l’attente de l’annonce des décisions prises par la BCE

Jocelyn Jovène 04.06.2014
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Une légère prudence s’est emparée des investisseurs à la veille de l’annonce des décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Alors que la plupart des intervenants soulignent qu’après le temps des paroles vient le temps de l’action et que la BCE s’est mise elle-même dans un « corner », la légère baisse des indices européens trahit de l’attentisme et la peur que les attentes, très fortes, soient une nouvelle fois déçues.

« La baisse des taux est déjà intégrée dans les cours. Il faut que la BCE tienne un discours qui montre qu’un mouvement est engagé et que cela ne s’arrête pas aux mesures qui seront présentées jeudi », note Stanislas de Bailliencourt chez Sycomore Asset Management.

Incohérences

De fait, les marchés font apparaître des évolutions contrastées, voire des incohérences selon les stratégistes de Credit Suisse. Parmi ces incohérences :

  • La chute des rendements obligataires alors que les indicateurs avancés pointent vers un redressement de l’activité dans les pays développés ;
  • La sous-performance du style « growth » versus « value », malgré la chute des rendements obligataires et la sous-performance des valeurs cycliques ;
  • La divergence entre marchés émergents et valeurs cycliques (surperformance des premiers, sous-performance des secondes) ;
  • Le recul de l’or alors que les anticipations d’inflation semblent remonter ;
  • La faiblesse de la volatilité alors que les indicateurs de corrélation entre classes d’actifs augmentent.

Croissance sous le potentiel

Pour certains gérants, la baisse des taux longs depuis le début de l’année – signe d’une prudence des marchés obligataires à l’égard de l’inflation et de la croissance – s’explique par la perte de croissance potentielle dans les pays développés.

« Nos économies croissent à un rythme substantiellement moins rapide qu’avant la crise. Cette perte d’activité ne favorise pas une remontée des taux et illustre le fait qu’il y a encore des surcapacités un certain nombre d’économies », observe Etienne Gorgeon, directeur des investissements de Tikehau IM.

Le gérant rappelle qu’entre le premier trimestre 2009 et la fin du troisième trimestre 2013 (qui correspond au pic de liquidités dans l’univers des pays du G20, la perte de PIB a atteint 40 trillions de dollars. Les banques centrales ont injecté 10 trillions, qui ont entraîné un gain de 35 trillions sur les marchés actions, de 20 trillions sur les marchés du crédit et des taux et de moins de 15 trillions sur l’économie réelle. Au final, « on a perdu 40 trillions de création de richesses et on n’en a récupéré à peine 15. »

De même, la baisse de l'euro, attendue par le marché suite aux décisions de la BCE, requièrerait des mesures radicales selon Stanislas de Bailliencourt. 

« Pour que l’euro baisse vers 1,32 dollar, il faudrait que la BCE fasse des annonces inattendues (par exemple, un « QE » plus important que prévu). Or jusqu’ici, le discours est resté vague », affirme-t-il.

Stratégie d'investissement

Dans ce contexte, certains gérants recommandent de privilégier les actifs risqués et de regarder les obligations indexées sur l’inflation mais de faire attention au crédit ou aux obligations souveraines périphériques en zone euro, sur lesquelles les primes de risque se sont complètement écrasées.

Credit Suisse conseille d’acheter la cyclicité et de vendre la duration, pour jouer l’accélération de la croissance au second semestre, ce qui se traduira par des surprises positives sur les publications de résultats.

« Certaines zones de croissance sont devenues attrayantes. Nous pensons que la biotechnologie est maintenant à acheter. En général, nous avons une préférence pour la value plutôt que pour la croissance, mais l’écart entre les deux s’est rétréci », souligne la banque dans une note.

Chez Sycomore Asset Management, Stanislas de Bailliencourt explique: « nous avons tendance à prendre nos profits sur les actions et le crédit que nous privilégiions depuis le début de l’année. Mais l’environnement de marché actuel est particulier : tout est relativement cher ou à son prix, mais les investisseurs sont poussés à prendre du risque. »

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.