Investir lorsque l'inflation est faible

Les actions peuvent jouer un rôle utile lorsque l'inflation est faible, tout comme certaines obligations d'Etat.

Jocelyn Jovène 24.02.2014
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Depuis le début de la crise financière, les investisseurs n’ont cessé de se demander dans quel régime d’inflation ils se trouvaient. En Europe, la période récente est plutôt marqué par un débat pour savoir si la zone euro est ou pas en situation de déflation (c’est-à-dire de baisse des prix).

Le taux d’inflation dans 18 pays a reculé de 1,1% en janvier, portant sur un an l’inflation à 0,8%, ce pour le deuxième mois consécutif, selon les dernières statistiques publiées aujourd’hui par Eurostat.

Selon les économistes de la Société Générale, la probabilité que la zone euro tombe en déflation serait aujourd’hui de 15% - un risque récemment écarté par Mario Draghi, le président de la BCE, mais qui n’empêche pas la banque centrale de rester vigilante sur ce sujet.

Déflation à la japonaise

Depuis 2008, la plupart des pays développés ont connu ce que les économistes appellent une « déflation par la dette », ou « récession par le bilan ». Confronté à un excès d’endettement, les agents économiques doivent assainir leur situation financière, tout en faisant face à une chute du prix des actifs (biens immobiliers, actions…). Ce processus d’ajustement se traduit par une baisse de la demande, qui pénalise l’investissement des entreprises et produit du chômage (lequel fait pression sur les salaires).

C’est cette spirale déflationniste qu’a connue le Japon pendant plusieurs décennies, et c’est ce scénario noir que les investisseurs craignent pour l’Europe, voire pour certains pays émergents comme la Chine.

L’importance de la politique économique

Face à un tel risque, la principale réponse des autorités monétaires a été l’assouplissement quantitatif ou « quantitative easing », qui conduit les banques centrales à injecter massivement des liquidités dans le système bancaire (pour éviter tout risque systémique lié à une faillite bancaire) et à acheter des obligations d’Etat pour maintenir les taux d’intérêt bas.

Cette politique est généralement maintenue aussi longtemps que le cycle du crédit est bloqué. Mais il est important que pendant cette phase d’ajustement du bilan des agents économiques, des réformes de structure soient engagés et que les déficits des balances des paiements soient réduits.

C’est ce que tente de faire le Japon actuellement et c’est ce que devraient faire la plupart des pays de la zone euro ainsi que les pays émergents.

Comment adapter son portefeuille ?

Les actions réagissent diversement aux différents régimes d’inflation. Comme le montre le graphique suivant, issu d’une analyse réalisée par HSBC, la désinflation n’est pas une mauvaise chose pour les actions, tandis que la déflation est négative, pour peu que la baisse des prix soit substantielle (graphique).

Source: HSBC

« Les réponses en matière de politique économique sont également importantes », observe HSBC, « les actions bondissent lorsque l’inflation part d’un bas niveau. » De même la perspective d’une injection de liquidités (QE ou autre) est généralement positive pour les actions.

Société Générale estime pour sa part que les actifs de la zone euro, en particulier les obligations souveraines des pays de la périphérie (Portugal, Italie) sont une source de valeur, avec un rendement moyen autour de 3,5%. En outre, ces actifs ont fait preuve de résilience pendant les périodes de volatilité liées aux difficultés des pays émergents.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.