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Allocation d’actifs : des rendements déclinants

Pour obtenir le même rendement, les investisseurs devront prendre plus de risque, selon les stratégistes de Morgan Stanley.

Jocelyn Jovène 18.10.2017

La poursuite de politiques monétaires ultra-accommodantes en réaction à la crise financière de 2008 a entraîné une appréciation continue des marchés financiers, avec comme corollaire une compression des primes de risque.

Ceci crée aujourd’hui un vrai casse-tête pour les allocataires : la plupart des classes d’actifs sont chères, et les rendements futurs attendus ne cessent de reculer.

La frontière efficiente des portefeuilles « s’est aplatie par rapport aux décennies précédentes à cause de la compression des primes de risque et des taux plus faibles, ce qui signifie qu’il est plus difficile d’obtenir un rendement sans prendre davantage de risque », observent les stratégistes de Morgan Stanley dans une étude datée du 15 octobre.

Source : Morgan Stanley

Ainsi un fonds traditionnel 60% actions/40% obligations devrait produire un rendement de 4,2% par an au cours des 10 prochaines années pour les investisseurs en dollars et 4,7% pour les investisseurs en euros.

Construire une allocation est d’autant plus délicat que nous sommes dans un environnement de fin de cycle : la croissance économique est certes là et le risque de récession semble peu probable aujourd’hui, mais les banques centrales ont indiqué qu’elles entendaient poursuivre la normalisation de leur politique monétaire – justement pour retrouver des marges de manœuvres dans l’éventualité d’une détérioration du cycle économique. L’inflation est faible, ce qui conduit certains investisseurs à privilégier les actifs risqués.

Des opportunités d’investissement plus rares

Dans ces conditions, y a-t-il encore de réelles opportunités d’investissement ? Dans l’absolu très peu. En relatif, les experts de Morgan Stanley se disent positifs sur les actions, sont prudents sur le crédit et ont une vue plus neutre sur les obligations.

Source : Morgan Stanley

Les actions sont bon marché en relatif, mais offrent peu de diversification : les actions européennes, japonaises et britanniques sont moins chères que les actions américaines et ont une corrélation plus faible aux actions mondiales, selon Morgan Stanley.

Les obligations gouvernementales sont chères, mais sont une source de diversification dans un portefeuille. En revanche, le crédit n’est pas bon marché et est corrélé aux marchés actions mondiaux. Au sein de la classe d’actifs, le haut rendement américain est jugé plus attrayant que sa contrepartie européenne.

Si le haut rendement européen a été un meilleur moteur de performance que les actions pour les investisseurs ces dernières années, ces dernières pourraient prendre le relais, justifiant une exposition plus importante à cette classe d’actifs à l’avenir, au détriment du crédit.

Source : Morgan Stanley

Pour les investisseurs américains, la banque souligne l’intérêt des actifs émergents.

Une vue également défendue de longue date par les experts de la gestion de Morningstar, qui ont souligné il y a plusieurs trimestres la faible valorisation de cette classe d’actifs et son potentiel d’appréciation. Les marchés émergents sont d’ailleurs ceux qui performent le mieux depuis le début de l’année.

Les rendements attendus par classes d’actifs

Source: Morgan Stanley

 

 

 

 

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.