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Faut-il toujours avoir des obligations dans une allocation ?

Malgré leur cherté, les obligations sont toujours une source de diversification.

Jocelyn Jovène 17.10.2017

Avec des taux d’intérêt parfois négatifs dans l’univers des obligations d’Etat, quel est l’intérêt de s’exposer la classe d’actifs ?

A lire la recherche de certains courtiers, les vues sont souvent clairement négatives : il faut sous-pondérer les obligations dans une allocation, ou au mieux être neutre (c’est-à-dire avoir la même exposition que son indice de référence).

Mais tout le monde n’est pas de cet avis.

Dans un article publié cet été sur son site Internet, la société AQR Capital Management, s’appuyant sur des séries historiques longues (1966-2016), montre que les obligations sont toujours une source de diversification, y compris dans un environnement de remontée des taux d’intérêt.

Sur longue période, le plus important est de déterminer quel est le rendement excédentaire d’une obligation par rapport au taux sans risque, car c’est cet élément qui importe le plus dans une décision d’allocation et qui permet d’estimer la rentabilité future d’un placement obligataire (cf graphique).

Le paramètre le plus important pour appréhender le rendement excédentaire d’une obligation n’est pas le niveau des taux, mais le niveau de la pente de cette courbe ou ce que l’appelle aussi la « prime de terme » (le fait d’être plus compensé pour un placement dont la durée est plus longue).

« Lorsque l’on trie les résultats en termes de rendement en fonction de la pente de la courbe des taux, nous trouvons que les rendements excédentaires moyens augmentent avec la pentification, confirmant notre intuition économique. Cependant, nous observons aussi que seuls les quintiles aux deux extrêmes ont des rendements moyens significativement différents de la moyenne de l’échantillon », observe AQR.

Cela dit, il est difficile de prévoir comment la courbe des taux évoluera dans la perspective d’un positionnement tactique.

Même si le faible niveau des taux est aujourd’hui considéré comme un problème par les banquiers centraux (lesquels cherchent à regagner des marges de manœuvre en cas de récession), il pourrait dans certains cas être encore plus bas qu’il ne l’a été récemment. En effet, aux Etats-Unis, l’effort de baisse des taux pour stabiliser la croissance et l’inflation a été en moyenne de 5 points de pourcentage.

AQR conclut donc que même si le niveau des taux est bas, quel que soit le scénario (hausse ou baisse), les obligations conservent un pouvoir diversifiant.

Sur longue période, la corrélation entre obligations et actions est en effet nulle, ce qui suffit pour contribuer à réduire le risque d’une allocation (même si dans l’esprit de certains investisseurs, la diversification est associée à une corrélation négative entre deux classes d’actifs).

« Nous ne considérons pas les obligations comme un actif de couverture (« hedging asset »). (…) L’histoire de long terme montre que des faibles corrélations entre les obligations et les autres classes d’actifs tendent à persister quel que soit l’environnement des taux d’intérêt. »

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.