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Quel montant épargner pour la retraite ?

La question est d’autant plus complexe qu’elle dépend de nombreux facteurs. Il est cependant possible de personnaliser certaines variables qui détermineront en grande partie la réussite ou l’échec d’un plan de retraite.

Fernando Luque 28.09.2021
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Lorsque nous préparons notre retraite, nombre d’entre nous passons des heures à étudier l’allocation de portefeuille optimale, nos différentes options en termes de placements, les taux de retrait potentiels, etc...

Niveau d'épargne

Il existe cependant un autre paramètre, trop souvent ignoré alors qu’il constitue un facteur bien plus déterminant de notre capacité à partir à la retraite à l’âge et dans les conditions où nous le souhaiterions : le niveau d’épargne à constituer en prévision de cette période de notre vie.

Aux États-Unis, Fidelity Investments a réalisé une étude en vue de tenter de répondre à cette question. Il en ressort qu’à 67 ans, les investisseurs pourraient raisonnablement viser une épargne-retraite correspondant à dix fois leur dernier salaire.

À 35 ans, ils devraient avoir économisé deux fois leur salaire actuel, à 45 ans, l’équivalent de quatre fois le salaire qu’ils perçoivent et à 55 ans, un montant représentant sept fois leur salaire.

C’est assurément un bon point de départ, mais en réalité, savoir combien nous devons épargner pour pouvoir passer une retraite sereine est une question très difficile, qui dépend de nombreux facteurs, personnels ou non.

En théorie, la réponse dépend du temps qui nous sépare de notre départ à la retraite.

L'âge de départ

 

Le degré d’incertitude lié au montant à épargner ne sera en effet pas le même pour un ou une trentenaire que pour une personne de soixante ans qui sait à peu près quelles seront ses dépenses durant sa retraite.

Les actifs qui approchent de l’âge de la retraite ont évidemment une meilleure idée du montant et de la nature de leurs dépenses mensuelles, et peuvent effectuer une extrapolation sur les années à venir.

À 40 ans, on ne consomme ni ne dépense de la même manière qu’à 60. Le budget consacré au logement, aux loisirs, aux études des enfants le cas échéant, etc. évolue considérablement au cours de la vie.

David Blanchett, responsable de la recherche sur les retraites pour la branche Investment Management de Morningstar, a étudié l’évolution des dépenses durant la retraite (Estimating the True Cost of Retirement).

Il parle du « sourire de la retraite », en référence à la trajectoire de ces dépenses.

Sa conclusion fondamentale est que les dépenses tendent à être importantes au début de la retraite. Les individus souhaitent alors assouvir leurs envies de voyage et profiter du temps libre dont ils ne bénéficiaient pas avant.

Le milieu de la période de retraite se caractérise ensuite par une diminution des dépenses.

Bien qu’encore en bonne santé, les retraités voyagent moins ou sortent moins au restaurant, par exemple. Enfin, les dépenses repartent à la hausse en fin de vie.

Variables à considérer

Parmi les variables qu’il est possible ou nécessaire de personnaliser, et qui peuvent en grande partie déterminer la réussite ou l’échec d’un plan de retraite, Christine Benz, responsable des questions de finance personnelle chez Morningstar, retient les suivantes :

Premièrement, le taux de remplacement : de manière générale, le pourcentage de revenu du travail à remplacer au moment de la retraite sera plus faible pour les actifs à salaire élevé et ceux qui épargnent beaucoup que pour les travailleurs à bas salaire qui épargnent peu.

Deuxièmement, l’âge de départ à la retraite : travailler plus longtemps, si l’on en a la capacité, peut présenter des avantages, dans la mesure où l’on continue alors d’épargner et de verser des cotisations de sécurité sociale tout en reportant dans le temps les retraits de portefeuille. Ces trois éléments peuvent avoir un impact très important sur la capacité du portefeuille à durer dans le temps.

Troisièmement, l’espérance de vie : prédire sa propre espérance de vie est ce qu’il y a de plus difficile, mais c’est une question qui vaut la peine d’être considérée en tenant compte de variables telles que son état de santé et la longévité familiale.

Quatrièmement, le taux de rendement attendu : en la matière, Christine Benz recommande la prudence, en particulier si le portefeuille détenu présente une importante composante obligataire ; dans un environnement de faibles taux d’intérêt (qui pourraient cependant augmenter), le rendement de cette poche risque d’être maigre. Il convient aussi d’observer que le taux de rendement peut varier selon la manière dont évolue l’allocation d’actifs du portefeuille. Habituellement, le niveau de prise de risque diminuera à mesure qu’approche l’âge de départ à la retraite – par conséquent, en principe, le rendement attendu du portefeuille baissera lui aussi.

Cinquièmement, le taux d’épargne : Christine Benz souligne que cette variable « constituera un facteur plus décisif en début de période de constitution de l’épargne, lorsque les individus ont davantage de temps pour tirer parti de l’effet des intérêts composés. Les individus plus âgés qui cherchent à combler un déficit d’épargne devront nettement intensifier leur effort d’épargne pour maintenir le cap de leur plan de retraite ; ils en amélioreront davantage la viabilité s’ils sont disposés à reporter leur départ à la retraite et/ou à revoir à la baisse leurs prévisions de dépenses annuelles durant la retraite. »

Enfin, l’épargne à constituer sera également fonction du taux de retrait, à savoir le pourcentage de ses économies auquel un retraité aura besoin de faire appel chaque année. Les conseillers financiers ont traditionnellement fixé ce taux annuel à 4 %, mais de nombreuses études semblent aller dans le sens d’une plus grande flexibilité.

La grande inconnue : les pensions versées par l’État

L’incertitude qui entoure les pensions des régimes publics constituent un autre facteur à prendre en compte. Selon le nombre d’années qui séparent un individu de la retraite, le montant de ces pensions est plus ou moins incertain. De nombreux pays ont tendance non seulement à relever l’âge légal de départ en retraite, mais aussi à augmenter progressivement le nombre d’années de travail nécessaire pour pouvoir prétendre à la même pension. 

En tout état de cause, un facteur influence sensiblement le résultat final : il s’agit de l’âge auquel les actifs commencent à épargner pour leur retraite. Plus ils s’y prennent tôt, moins ils auront d’efforts à fournir. Le meilleur conseil est donc de commencer à épargner le plus tôt possible.

 

 

 

 

 

 

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A propos de l'auteur

Fernando Luque

Fernando Luque  est le rédacteur en chef de Morningstar Espagne.