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Comprendre la prime de risque actions

Cet indicateur de cherté relative des actions par rapport aux obligations donne également une idée de l’aversion au risque des investisseurs.

Jocelyn Jovène 08.06.2020
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Depuis le point bas des marchés atteint le 23 mars dernier, le rebond des marchés actions en Europe (et dans le monde développé) a pris des proportions significatives.

Alors que les estimations de résultats étaient revues à la baisse, l'intervention massive des banques centrales a rassuré les investisseurs.

Le principal moteur de la hausse a été une augmentation des multiples de valorisation avec comme corrolaire une réduction de la prime de risque actions.

Qu’est-ce que cela veut dire ? La prime de risque est l’écart de rendement attendu d’une action par rapport à un actif dit sans risque. Cette "prime" exprime le surcroît de rémunération qu’un investisseur attend d’une action pour la détenir.

Plus les investisseurs sont averses au risque, plus ils demanderont une prime de risque élevée. Comme l’illustre le graphique ci-après, la prime de risque actions dans les pays développés a atteint des records en 2008 (après la faillite de Lehman Brothers) et en 2011-2012, en pleine crise de la dette souveraine en zone euro et plus récemment avec la pandémie de coronavirus.

RPP Equities Bonds Soc Gen 20200529

Source: SG Cross Asset Research

Le mouvement de hausse ou de baisse de la prime de risque traduit donc le désintérêt ou l’attrait des actions pour les investisseurs.

Le niveau de la prime de risque indique également le niveau de cherté relative des actions par rapport aux obligations (logique puisqu’il s’agit d’un écart de rémunération – plus celui-ci est grand, plus les actions sont attrayantes par rapport aux actions, ce qu’exprime également le graphique précédent).

La prime de risque est une donnée particulièrement importante car elle constitue l’un des ingrédients clefs des modèles de valorisation utilisés par les analystes pour déterminer l’attrait relatif d’un titre par rapport à un marché ou un secteur.

La valeur d’un titre se détermine généralement en prévoyant un flux de dividende ou de trésorerie disponible que l’on va actualiser avec un taux. Ce taux d’actualisation représente en fait le coût du capital de l’entreprise. Et il est déterminé à partir du taux sans risque, auquel on ajoute une prime de risque ajustée du béta de l’action (le béta représentant la plus ou moins grande sensibilité de l’action aux variations du marché).

En résumé, la baisse de la prime de risque contribue à réduire le taux d’actualisation utilisé pour estimer la valeur d’un titre. Elle contribue mécaniquement à une réappréciation de sa valeur et réciproquement.

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.