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Le Brésil menacé par l’incertitude politique

Le marché actions brésilien affiche l’une des pires performances au monde.

Jocelyn Jovène 25.05.2020
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La remise en question du système démocratique brésilien par Jair Bolsonaro et l’impact du coronavirus sur la population et l’activité économique créent un haut degré d’incertitude qui se répercute sur les marchés financiers.

Depuis le début de l’année, l’indice Morningstar Brazil a perdu 46%, le ramenant au niveau que la Bourse brésilienne avait mi-2016. Le marché actions brésilien affiche l’une des pires performances de l’année dans le monde.

Les prévisions des analystes, qui tablaient sur une progression des bénéfices des entreprises brésiliennes de près de 23% en début d’année, prévoyaient une contraction de 12,3% de ces derniers début mai (consensus IBES, cité par Barclays).

Le P/E du marché brésilien était fin avril de 10,5x contre 13,2x fin 2019, retrouvant sa médiane des 10 dernières années.

Evolution du marché actions brésilien sur 3 ans

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Source : Morningstar Direct, données au 22 mai 2020

« La combinaison entre la crise sanitaire profonde et l’incertitude politique devrait fortement peser sur la capacité de rebond », observaient les économistes de JPMorgan dans une note datée du 8 mai. Ils tablent sur une contraction de l’activité de 7% cette année, après +1,1% en 2019 et sur un rebond de 4,4% en 2021.

Cet environnement n’est donc pas seulement délétère pour les actions, mais pour les perspectives économiques du pays et l’ensemble des classes d’actifs brésiliennes.

La manière dont les autorités monétaires du pays vont réagir, mais également la position des investisseurs internationaux, sera donc un élément clef dans l’évolution à venir des indices boursiers brésiliens.

La devise brésilienne, déjà affaiblie depuis 2017, n’est pas aidée en raison des craintes d’instabilité financière provoquée par une poursuite de la baisse des taux directeurs de la banque centrale brésilienne (BCB).

En baissant son taux directeur à 3%, cette dernière a évoqué un tel risque d’instabilité financière en se référant à une « limite basse d’efficacité » (« ELB ») du taux SELIC.

Depuis le début de l’année, les réserves nettes du pays ont chuté d’un peu plus de 320 milliards de dollars à un peu moins de 290 milliards de dollars (le PIB du Brésil était de 1.868 milliards de dollars en 2019).

La situation économique devient donc de plus en plus préoccupante et le niveau de valorisation des actions semble relativement généreux dans le contexte politique actuel.

Il est donc fort probable que les marchés financiers demeureront volatils, tant que les investisseurs n’auront pas davantage de visibilité.

 

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.