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Anatomie du rallye boursier

Au-delà du retour de l’appétit pour le risque, il faudra d’autres bonnes nouvelles pour que la hausse se poursuive.

Jocelyn Jovène 20.04.2020
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Le 23 mars a, pour l’heure, marqué le point bas du krach boursier débuté le 19 février. Historiquement, la vitesse et l’ampleur de ce krach est particulièrement rapide (une analyse des krachs passés est disponible ici).

Le rebond qui a suivi, qualifié de « bear market rally » (rebond dans un marché baissier), a tout autant surpris par son ampleur et sa vitesse (lire notre analyse ici).

Ce rebond exprime avant tout un regain d’optimisme des investisseurse en dépit d’une détérioration historique des fondamentaux des entreprises. Il est lié à la fois à l’intervention massive des banques centrales (le bilan de la Fed a ainsi bondi de 50% en quelques semaines comme le montre le graphique suivant ; la BCE a pris des mesures tout aussi dramatiques) et au ralentissement de la progression de la pandémie un peu partout dans le monde (cf les données de l’institut CSSE de l’université John Hopkins).

Alors qu’un nombre croissant d’entreprises a annoncé la suspension ou la baisse des dividendes versés cette année, les investisseurs espèrent, comme pour les profits, un rebond significatif en 2021 – même si l’on a qu’une très mince idée de la durée de la pandémie, en l’absence de traitement et de vaccin (lire à ce sujet cet excellent article du New York Times publié le 18 avril).

Comme nous l’avons déjà observé, le rebond des marchés ne laisse que peu de place aux déceptions.

Preuve d’une certaine prudence, ce rebond s’est produit à travers des secteurs défensifs et des entreprises considérées comme les plus solides du point de vue de leur situation financière (peu ou pas de dettes) ou disposant d’un rempart concurrentiel suffisant pour en faire les gagnants de l’après-crise (voir notre analyse sur les secteurs ayant le plus rebondi, et ceux qui ont le plus résisté pendant le krach).

Cela étant, d’après les stratégistes de Goldman Sachs, « avec l’inflexion du nombre de nouveaux cas montant un ralentissement, sur la base des phases passées de rebond et considérant que le point bas du marché est intervenu le 23 mars, les marchés actions semblent intégrer le scénario d’une amélioration de l’économie à partir du troisième trimestre 2020. »

Comprendre la dynamique du rebond actuelle de la Bourse implique toutefois de répondre à un certain nombre de questions, en particulier sur la capacité des pays à faire redémarrer leur économie et à éviter une deuxième vague épidémique.

Les mesures de confinement et de distanciation sociale ont contribué au ralentissement de l’épidémie. Pour que le rebond des marchés perdure, il faudra que la phase de déconfinement se déroule sans accroc et que les gouvernements et banquiers centraux poursuivent les mesures de soutien aux consommateurs et aux entreprises.

Il faudra aussi s’assurer que les marchés actions ne se sont pas trop emballés sur la vitesse de sortie de la pandémie, et qu’ils seront capables d’encaisser une multiplication des mauvaises nouvelles économiques au cours des trimestres à venir.

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.