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Les marchés et la récession

En quelques jours, les marchés ont du envisager un scénario de récession plus prononcée de l’économie mondiale.

Jocelyn Jovène 13.03.2020
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En l’espace de quelques jours, les marchés financiers ont du envisager un scénario de récession plus prononcée de l’économie mondiale, alors que jusqu’ici, ils intégraient plutôt la perspective d’une récession modérée (« mild-recession »).

Certains courtiers considéraient d’ailleurs que ce risque était déjà dans les cours.

La décision unilatérale des Etats-Unis de fermer ses frontières, et les mesures de limitation des déplacements et des échanges, de fermetures partielles des frontières ont conduit les investisseurs à envisager un scénario plus pessimiste.

Entre temps, les annonces des banques centrales, parfois jugées insuffisantes (cas de la BCE), et l’absence de paquet fiscal coordonnée, ont rajouté aux inquiétudes et provoqué un nouveau point bas sur le marché jeudi 12 mars.

Que doivent faire les investisseurs ? Sur ce dernier point, nous avons déjà indiqué qu’il faut toujours avoir un horizon de long terme, se détacher du bruit quotidien des marchés et intégrer les éventuels changements fondamentaux touchant les différentes classes d’actifs en portefeuille pour éventuellement procéder à des rebalancements et être en phase avec son allocation cible.

Qu’intègrent aujourd’hui les marchés financiers ? Un risque de récession certes, mais quel type de récession : un krach économique du type de 2008, une récession classique et moins violente ou une situation plus intermédiaire.

Les stratégistes et experts au sein des sociétés de gestion et des grandes banques d’affaires cherchent bien évidemment à évaluer les signaux des marchés (valorisation des classes d’actifs, niveau des spreads, indicateurs avancés d’activité, indicateurs de sentiment…) pour le déterminer.

Guillaume Savry, responsable de l’analyse macro et de l’allocation dynamique chez Unigestion estime qu’une récession est à prévoir au prochain trimestre. « La crise va peser sur les profits et les marchés ont du mal à l’évaluer convenablement. L’incertitude concernant la vitesse de propagation du virus [coronavirus, NDLR] est une menace majeure. Un des effets notables de cette incertitude est la disparition de la liquidité, laquelle pénalise les classes d’actifs et les stratégies de ‘carry’ [rendement, NDLR] », observe-t-il ce vendredi 13 mars.

Les stratégistes de Bank of America envisagent deux scénarios : une récession de court durée (avec un PMI qui chuterait à 35 en Europe, soit près du niveau atteint en 2008 avant de revenir vers 50 au deuxième trimestre) ou une récession plus longue (un trimestre de plus avec des PMI en Europe qui demeureraient en-deçà de 40 jusqu’en juin).

D’après eux, pour les marchés actions, qui ont déjà chuté de 32% depuis leur plus haut du 19 février, un indice PMI de 36 semblait tout à fait logique et offre un potentiel de rebond d’ici la fin avril.

En revanche dans un scénario de récession prolongée, le risque de baisse des actions européennes est encore significatif. Dans ces deux scénarios, les anticipations de bénéfice par action en Europe pourraient ainsi être revues en baisse de 15% à 25% (ils n’ont été revus en baisse que de 2,3% depuis le début de l’année, alors que le P/E du marché européen est actuellement de 11,1x contre 15,4x fin 2019).

Chez TwentyFour Asset Management, on envisage trois scénarios possibles, mais on retient surtout celui où l’appétit pour le risque devrait rester limité. Les phases de capitulation et de rebond pourraient s’enchaîner pendant quelques semaines, avec sans doute des points plus bas qu’observés actuellement.

« Bien que les marchés soient indéniablement bon marché, ils auront du mal à rebondir pendant cette période », estime Mark Holman, en charge de la gestion.

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.