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Wall Street : vers une bulle ou un krach ?

La Bourse américaine est à son prix. Face au risque de récession économique, les investisseurs devraient se montrer très sélectifs.

Jocelyn Jovène 14.10.2019

Reconnaissons-le : prévoir l’évolution des marchés est la chose la plus risquée à faire et comme le dit souvent Warren Buffett, c’est une perte de temps.

En revanche, essayer d’évaluer ce qui est intégré dans les cours de Bourse peut aider à prendre un peu de recul et se préparer à agir.

Buffett ne cherche pas à prévoir les marchés, mais il fait attention à leur niveau de valorisation (en regardant un indicateur comme la valeur de la Bourse américaine par rapport au PIB) ainsi qu’à l’évolution des fondamentaux, pour savoir s’il est opportun d’investir ou de simplement se tenir à l’écart et attendre.

Qu’en est-il de la Bourse américaine ? Le S&P 500, indice boursier de référence, traite actuellement autour de 3000 points, soit sur ses plus hauts historiques.

Si l’on prend les données de consensus, les analystes tablent cette année sur un bénéfice par action pour l’indice de 164,40 dollars (+1,5% par rapport à 2018) et de 182,88 dollars en 2020 (+11,2%).

L’indice se traite donc sur un multiple de 18,1x le résultat 2019 et 16,3x le résultat 2020, niveau à comparer avec une moyenne historique de 16x (15,7x si l’on prend la série de Robert Shiller 1871-2019 ; 15,8x sur la période 2000-2019).

Autrement dit, le marché est à son prix sur les prévisions 2020 et un peu cher sur les estimations de bénéfice prévue cette année.

Cependant, comme on le sait, l’environnement économique est moins porteur. Les indicateurs avancés aux Etats-Unis se détériorent en particulier dans l’industrie. Pour sa part, le consommateur américain (70% du PIB) se porte relativement bien, même si les tensions commerciales pourraient menacer son optimisme actuel.

Les prévisions de résultat pour 2020 risquent d’être revues à la baisse, comme c’est le cas chaque année. De « raisonnablement valorisée », la Bourse américaine devient un peu chère.

Tout ceci est factuel, mais il y a un facteur qui fait une très grosse différence : c’est la Fed.

En changeant radicalement de position fin 2018 et en ouvrant la porte à de nouveaux soutiens, sous forme de rachats d’actifs notamment, bref en faisant de nouveau croître son bilan, la banque centrale américaine envoie un message particulièrement positif pour les investisseurs actions.

Cela ne veut pas dire qu’il risque à un moment d’y avoir danger et qu’une bulle ne va pas finir par se former.

En effet, lorsque l’argent est bon marché, les dirigeants d’entreprises se montrent moins regardant en matière d’allocation du capital et commencent à faire n’importe quoi – par exemple, racheter leurs actions quand celles-ci sont déjà chères ou en se lançant dans des opérations de croissance externe, avec le risque de surpayer. Tout ceci pousse les multiples à la hausse et, pour peu que l’ensemble des participants se mettent soudainement à acheter des actions sans plus faire attention à leur valeur intrinsèque, une bulle a de grandes chances de se former.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais c’est un scénario que l’on ne peut pas exclure totalement, en raison notamment de l’action des banques centrales.

Le seul élément qui laisse à penser que l’on n’est pas en situation de bulle relève du comportement des investisseurs. Ces derniers évitent les actions (flux sortants sur les fonds gérés de manière active), ou s’y exposent de manière passive (via des ETF).

De même, un krach boursier – que l’on ne peut qualifier de « krach » qu’après sa survenance -

Résumons-nous : l’économie ralentit, la Bourse n’est pas très chère, mais elle n’est pas non plus bon marché.

Cela veut dire que détenir des actions américaines (qui rappelons-le au passage représentent un peu plus de 60% des indices boursiers mondiaux) fait sens en termes de diversification du risque. Encore faut-il être attentif à ce que l’on achète, donc se montrer très sélectif aux fonds ou aux actions que l’on veut détenir en portefeuille (privilégier les entreprises les plus solides ou offrant une bonne visibilité sur leur cash-flows fait sens), tout en étant attentif au prix payé pour les acheter.

Cela signifie qu’il est important de comprendre quels secteurs nourrisent la progression de l’indice boursier et si la dynamique sous-jacente des profits des entreprises justifie bien cette progression.

Il ne faut donc pas raisonner uniquement au niveau de l’indice, mais à des niveaux plus fins d’analyse – secteurs, entreprises. En l’état actuel des choses, on a plutôt le sentiment que la Bourse américaine n’évoluera pas avec une tendance marquée, à moins qu’un événement fort (résolution des tensions commerciales, accord sur le Brexit, destitution de Trump, guerre des devises ou nouvelle intervention de la Fed) n’oblige les investisseurs à prendre parti.

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.

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