Un environnement toujours difficile pour les matières premières

La croissance économique mondiale semble insuffisante pour rééquilibrer les marchés de matières premières à court terme.

Jocelyn Jovène 22.06.2016
Facebook Twitter LinkedIn

La croissance économique mondiale devrait se maintenir autour de 3% cette année, contre 3,1% l’an dernier. Elle repose sur un équilibre fragile entre d’un côté une consommation domestique qui semble tenir dans la plupart des régions du monde, des politiques globalement toujours accommodantes, et d’un autre côté des entreprises qui hésitent à investir et un commerce mondial atone.

Dans ce contexte, les risques de rechute en récession et en déflation semblent toujours prédominants : Brexit, « hard landing » en Chine.

L’économie mondiale a besoin de retrouver un cercle vertueux de croissance, qui ne peut être alimenté que par des politiques budgétaires plus ambitieuses – les politiques monétaires ayant atteint leurs limites.

Investir dans les matières premières n’en est que plus ardu et le récent rebond semble, pour de nombreux observateurs, de courte durée.

Le rééquilibrage des marchés prendra du temps. Mais d’autres facteurs d’ordre macro-économique ou politique peuvent créer de la volatilité à court terme.

Ainsi, certains observateurs estiment qu’un Brexit pourrait entraîner un rebond de l’or, valeur refuge par excellence, et qu’il pourrait en revanche peser sur les matières premières cycliques (métaux industriels, pétrole). Mais ce mouvement devrait être de courte durée, le temps que les marchés financiers digèrent la nouvelle (vente/panique) puis évaluent l’impact sur les données plus fondamentales.

Le plus important pour les marchés de matières premières reste la tenue du cycle et l’éventuelle correction de déséquilibres structurels (excès d’offre, dans le cadre du pétrole avec les huiles de schiste, ou insuffisance de demande, avec le ralentissement de la Chine notamment).

L’impact des devises, notamment une remontée du dollar, ne doit pas non être négligé (les actifs en dollars, notamment les bons du Trésor jouant eux aussi un rôle de valeur refuge dans les phases d’incertitude et de correction boursière). Historiquement, l’appréciation du dollar a coûté cher aux matières premières.


SPGSCI vs USDTrade Weighted

Source: Federal Reserve of St Louis, Morningstar.

 

 

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.