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Paroles d’experts: les actions françaises

Trois gérants actions françaises sont venus partager leurs vues sur différents segments de la cote.

Arthur Mennechet 11.09.2014
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Source: Morningstar.

La dernière table ronde de la conférence annuelle de Morningstar France, le 9 september dernier, était consacrée aux actions françaises.

A cette occasion, l’équipe de recherche avait invité trois gérants qui ont largement fait leurs preuves: Romain Burnand, fondateur de la société Moneta Asset Management, gérant du fonds Moneta Multi Caps (noté Gold par Morningstar), Vincent Durel, gérant du fonds Fidelity France (noté Bronze) et Jean-Charles Mériaux, directeur de la gestion chez DNCA Finance et gérant du fonds Centifolia (noté Silver).

Environnement politique et gestion active

Dans un contexte politique français mouvementé (démission du gouvernement Valls 1, fronde d’une partie de la majorité en désaccord avec l’orientation économique du gouvernement) et une montée des interférences de certains hommes politiques dans la vie des entreprises (Alstom, Numéricable), il est légitime de s’interroger sur la prise en compte de cet environnement politique dans la gestion active.

Pour Jean-Charles Mériaux, l’interventionnisme des gouvernements socialistes est généralement une source d’opportunités, car elle introduit sur certains titres une décote qui peut se résorber lors d’un virage économique plus libéral. C’est ce dont a bénéficié Alstom selon lui lors de l’intervention du précédent Ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, pour que l’Etat entre au capital de la société.

De son côté, Romain Burnand estime que les gérants d’actions françaises doivent nécessairement prendre en compte le risque politique dans leur gestion, mais qu’il est difficile d’avoir une forte conviction sur des titres sensibles aux aléas politiques. Dans une optique opportuniste et de court terme, il a notamment investi dans EDF à partir de la seconde moitié de l’année 2013.

Vincent Durel adopte quant à lui une approche très prudente vis-à-vis des titres où le risque politique est élevé. Il reste à l’écart d’EDF en ce sens mais cela ne discrédite pas à ses yeux l’ensemble du secteur des « utilities », avec la présence de Veolia Environnement dans le fonds Fidelity France pour son histoire de restructuration selon lui.

Télécoms

Les télécoms ont été l’un des secteurs qui a le plus agité la sphère économique ces derniers mois, mais aussi l’un de ceux qui a le plus progressé sur la bourse de Paris de janvier à juillet 2014. Nos trois intervenants y étaient exposés de façon différente.

Le fonds Centifolia, géré par Jean-Charles Mériaux, était exposé à hauteur de 14% à ce secteur contre 5% pour la moyenne de la catégorie à fin juin 2014. Le titre Orange, présent dans le portefeuille depuis 2005, est un pari de longue date du gérant. En revanche, ce dernier reste à l’écart d’Iliad, où les incertitudes sur les parts de marché et la qualité du réseau mobile sont trop importantes selon lui.

Ce n’est pas le cas de Vincent Durel, qui a acheté Iliad en octobre 2013. Selon lui, la volonté d’acquérir la société américaine T-Mobile US a injustement pénalisé le titre en bourse. Il reste confiant sur la capacité du management à réussir les éventuelles opérations de croissance externe. Il a par ailleurs renforcé son exposition au secteur des télécoms avec l’achat d’Orange en 2014. Le gérant apprécie la valorisation du titre, sa position concurrentielle pour une éventuelle consolidation du secteur, mais aussi la plus grande prudence de la société dans l’annonce de ses objectifs que par le passé.

Bien que ce soit une petite ligne de son portefeuille depuis 2012, Romain Burnand partage cette confiance envers le management d’Iliad. A ce titre, il est prêt à suivre Xavier Niel dans ses ambitions d’expansion aux Etats-Unis.

Financières

L’amende infligée à BNP Paribas en 2014 a mis en lumière le risque de réputation pour les banques françaises, mais aussi l’importance pour les investisseurs de vérifier la qualité de la transparence et de la gouvernance dans ce secteur.

Malgré ces événements, Romain Burnand  affiche à fin juin 2014 parmi les premières lignes de son portefeuille Société Générale et BNP Paribas, pour leur valorisation attractive selon lui.

Dans une proportion moindre, Vincent Durel détient également ces deux banques françaises mais reconnaît qu’il a été surpris par le montant de l’amende infligée à BNP Paribas. En revanche, il table sur une baisse du coût du capital, notamment après la revue de la qualité des actifs (« Assets Quality Review »), ce qui devrait améliorer leur rentabilité.

Jean-Charles Mériaux a été quant à lui historiquement plus prudent que ses pairs sur les valeurs financières car il les trouve peu transparentes et complexes . Il investit sur ce secteur de façon opportuniste, notamment sur Société Générale et Crédit Agricole. 

Small et mid-caps

Les petites et moyennes valeurs françaises ont surperformé leurs homologues large-caps depuis le début de l’année jusqu’à fin juillet 2014. Ce segment a par ailleurs été riche en introduction en bourse (Fnac, Coface).

Le fonds Fidelity France de Vincent Durel a été historiquement plus présent sur les mid-caps que la moyenne de la catégorie, mais cela découle du stock picking. Au niveau des introductions en bourse, il a participé à celle de Coface pour la baisse des coûts et le niveau de dividende, mais également celle d’eDreams Odigeo, séduit par le business plan, la génération de cash-flows et la croissance du chiffre d’affaires. Ce pari s’est révélé être un échec, avec une intensification de l’environnement compétitif et une révision des objectifs par la société quelques semaines après son IPO.

Jean-Charles Mériaux, quant à lui, a participé à l’introduction en bourse de Coface mais également à celle du groupe Fnac, considérant que l’entreprise était excessivement décotée au vu de son modèle économique attractif (combinaison de plateforme en ligne et magasins physiques), et de son bilan sain.

Romain Burnand n’a pas suivi l’euphorie ambiante sur les introductions en bourse, son équipe ayant même conduit une étude en interne suggérant une plus grande prudence sur les IPO. Pour lui, les déceptions sont nombreuses en termes de valorisation et de croissance, comme sur CFAO ou Tarkett. Il considère qu’il y a davantage d’opportunités sur le marché secondaire. Dans une optique contrariante, il peut s’y intéresser lorsque l’environnement est moins favorable aux IPO, comme il l’avait fait  au premier trimestre 2012 par exemple en achetant ID Logistics.

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A propos de l'auteur

Arthur Mennechet

Arthur Mennechet  Fund Analyst, Morningstar France