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Où investir: cycliques vs défensives

Malgré le regain de volatilité récent, les investisseurs évoquent toujours un marché à deux vitesses.

Cherry Reynard 03.07.2013
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Les Bourses sont devenues bipolaires. D’un côté, les valeurs de croissance qui ont entraîné les marchés presque sans interruption depuis que la crise économique a débuté. De l’autre côté, les valeurs cycliques, délaissées par les investisseurs car elles sont justement trop sensibles au cycle économique. La question que les investisseurs peuvent se poser est de savoir s’il faut profiter de la baisse récente des marchés pour s’exposer davantage aux valeurs de qualité ou s’il faut privilégier les valeurs cycliques.

Au cours du dernier rallye, les valeurs cycliques ont plutôt bien performé. Sur un an, des secteurs comme la technologie ont très largement surperformé (+25% pour l’indice Stoxx Europe 600/Technology), tout comme l’automobile (+27% pour le Stoxx Europe 600/Autos & Parts) ou le secteur des voyages et loisirs (+30%). En revanche, certains secteurs cycliques – comme les produits de base (-22%) – se sont effondrés. Et sur une période plus longue, les valeurs défensives offrant croissance visible et qualité ont largement surperformé le reste du marché.

Certes, la valorisation des valeurs cycliques est à des niveaux plutôt attrayants. Certains gérants pointent des secteurs comme la promotion immobilière, des segments de la distribution, les banques, où l’on a vu des performances décentes récemment, tout en conservant encore des niveaux de valorisation raisonnables. Ces professionnels observent que la plupart de ces titres se situaient à des niveaux particulièrement déprimés pendant la crise financière et qu’ils n’ont donc qu’entamer une partie de leur rattrapage boursier.

Regard contrariant

A l’opposé, les niveaux de valorisation élevés des valeurs défensives à croissance visible et de qualité ne se justifient que si ces sociétés peuvent afficher une poursuite de leur croissance bénéficiaire et des niveaux de rentabilité des fonds propres élevés. C’est pourquoi on a pu assister depuis le début de l’année à des mouvements de correction parfois brutaux sur les sociétés dont les fondamentaux n’étaient plus en adéquation avec leurs ratios boursiers.

Les valeurs cycliques sont aujourd’hui très regardées par les investisseurs contrariants. Mais pour qu’elles contribuent réellement à la performance des portefeuilles, la confirmation de la reprise économique à l’échelle mondiale est nécessaire. La situation de l’économie américaine semble confirmer le scénario de normalisation du cycle économique. En revanche, la situation des marchés émergents est problématique, en particulier pour les valeurs cotées en Europe, dont environ un tiers des ventes est réalisé dans cette région du monde.

Si, a contrario, la croissance économique mondiale déçoit, l’écart de performance entre titres de qualité et valeurs cycliques se fera au profit des premières. Un autre argument en faveur des titres de qualité est que sur longue période, ces entreprises doivent être privilégiées dans la construction de portefeuille – même s’il faut sans doute avoir un regard critique sur le niveau de valorisation et sa relation aux fondamentaux de l’entreprise.

En attendant la grande rotation

Dans un environnement économique et financier qui reste difficile, les investisseurs ont besoin de détenir des sociétés qui sont en mesure de faire croître leurs résultats (et c’est bien cela que le marché différencie de plus en plus). Leur capacité à générer des flux de trésorerie réguliers est également un argument de poids, car il peut se traduire par une distribution de revenus pour les investisseurs – qualité particulièrement recherchée dans un environnement de taux toujours très bas (même si en train de remonter).

Si la grande rotation des obligations vers les actions (toujours pas une réalité à voir les flux de fonds) se matérialise, l’ensemble des marchés devrait monter. Mais on peut s’attendre à ce que les valeurs les plus en retard soient celles qui surperforment. Là encore, cela supposera que le marché dans son ensemble sera moins attentif aux fondamentaux et réagira plus aux flux voire à des phénomènes d’euphorie boursière – des situations difficiles à anticiper et qui peuvent prendre des manifestations parfois brutales.

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A propos de l'auteur

Cherry Reynard  est journaliste financière écrivant pour Morningstar au Royaume-Uni.