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La dette émergente reste attrayante sur le long terme

La classe d’actifs offre encore des rendements attrayants dans l’univers obligataire.

Marina Jelesova 06.03.2017

Des rendements attendus attractifs en comparaison avec les autres actifs obligataires

Dans notre dernière revue du marché des taux et du crédit, nous évoquionsla difficulté d’investir sur l’obligataire en ce début d’année : valorisations chères, risque de ré-estimation de l’inflation future par les marchés et potentiel de baisse de taux qui semble limité. La dette souveraine européenne en offre un très bon exemple, et explique pourquoi elle est fortement sous-représentée dans nos portefeuilles.

Dans ce contexte obligataire quelque peu délicat, il est important de se focaliser sur les fondamentaux des classes d’actifs et leur valorisation. Sous cet angle, la dette émergente offre selon nous un couple risque-rendement plus attrayant que la dette émise par les pays développés.

Sur un plan fondamental, les pays émergents sont relativement solides : à quelques exceptions près, ils affichent des niveaux d'endettement plus faibles que les pays développés, et offrent des rendements plus élevés qui représentent une bonne rémunération en compensation du risque pris par les investisseurs.

La faiblesse récente de la classe d’actifs, liée en grande partie à l’appréciation du dollar, a conforté notre vue positive en ce qui concerne sa valorisation.

Tableau 1 : rendements réels attendus sur 10 ans sur les actifs obligataires

Source : Morningstar Investment Management Europe

Un univers qui s’agrandit et se diversifie

Le vivier de dette émergente dans lequel peuvent puiser les investisseurs s’est considérablement élargi et diversifié depuis une quinzaine d’années. Les indices de dette émergente sont aujourd’hui beaucoup moins concentrés que par le passé.

La capitalisation des indices J.P Morgan EM a plus que doublé depuis 2008 et la dette émergente représente environ 15% du stock de dette mondiale. En particulier, les émissions en devise locale se sont accélérées et elles représentent aujourd’hui 84% de la dette émergente.

Source : BofA Merril Lynch Global Research, BIS, Neuberger Berman, au 31 Décembre 2015.

Plus de 50% de la dette émergente bénéficie d’une note « Investment Grade » (supérieure à BBB- selon l’agence de notation S&P) et pourtant le rendement à maturité offert par la classe d’actifs est similaire - voir supérieur - à celui proposé sur les obligations d’entreprises à haut rendement aux Etats-Unis et en Europe – des entreprises endettées et qui ne relèvent pas de la catégorie « Investment Grade ».

Dans l’ensemble, les balances courantes des pays émergents se sont améliorées au cours des dernières années. Des réformes structurelles sont en place dans beaucoup de pays. Bien que certains pays soient toujours tributaires de l’évolution du cours des matières premières ou de la situation économique chinoise,, la demande au sein des pays émergents est aujourd’hui plus domestique et donc moins dépendante des économies développées.

Des facteurs de risques divers et complexes

La classe d’actif est toutefois complexe et non dépourvue de risques : les risques économiques et géopolitiques sont très variés selon les pays, les flux sont volatils et sensibles à l’actualité et les variables entrants en compte dans le prix des obligations sont multiples – risque de hausse des taux, de défaut, ou encore risque de change.

L’élection de Donald Trump a déclenché des débats sur l’impact de ses politiques sur les pays émergents – d’un côté une croissance américaine plus forte leur serait bénéficiaire mais une baisse des exportations affaiblirait fortement certains pays (Mexique, Israël, Venezuela, Equateur, Colombie notamment). La remontée des taux aux Etats-Unis et les conséquences sur le dollar sont aussi à surveiller dans la mesure où une partie de la dette émergente est émise en dollar, même si elle est moins importante que par le passé.

La dette chinoise - passée de 154% du PIB en 2008 à près de 250% en 2015 - inquiète aussi, dans un contexte de croissance plus modérée qu’auparavant. La sortie des capitaux s’effectuant souvent de manière indiscriminée sur cette classe d’actif, les pays émergents pourraient pâtir à de nouvelles décevantes de la Chine.

Des opportunités pour un investisseur sélectif et patient

Néanmoins, les épisodes de volatilité fréquents créés par la volatilité des flux offrent des points d’entrée intéressants. De plus, la diversité des pays sous-jacents et des facteurs de performances (taux, devises, crédit) permet une gestion active intéressante. Sur le long terme, nous pensons que, couplée avec la sélection de gérants de qualité, cette classe d’actifs devrait récompenser les investisseurs patients.

 

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A propos de l'auteur Marina Jelesova

Marina Jelesova  est Associate Portfolio Manager au sein de Morningstar Investment Management (MIM) Europe.