H2O s’attend à un changement de régime de corrélation

Les investisseurs vont devoir faire plus attention aux fondamentaux et à l’allocation d’actifs qu’aux flux, avec plus de volatilité en toile de fond.

Jocelyn Jovène 17.09.2015

La fin des politiques monétaires ultra-accommodantes, avec le début de normalisation de la politique monétaire américaine qui pourrait être annoncé dès ce soir à travers une hausse des taux directeurs de la Fed, aura des conséquences majeures pour la liquidité globale des marchés et sur la corrélation entre classes d’actifs, ont estimé jeudi Bruno Crastes et Vincent Chailley, respectivement directeur général et directeur des investissements de la société H2O Asset Management qu’ils ont fondée à Londres avec l’aide de Natixis Asset Management.

Les investisseurs qui veulent se préparer à cette nouvelle configuration pour les marchés devraient se rappeler les années 1990, où la corrélation entre actions et obligations était élevée.

L’environnement de marché des six dernières années, très favorable tant aux actions qu’aux obligations, arrive à son terme. « Depuis 2008, il était possible de faire de la performance sans volatilité », a expliqué Vincent Chailley. « On va revenir vers ce monde normal avec plus de volatilité et les investisseurs devront se préoccuper davantage des vrais risques extrêmes que de la volatilité quotidienne, qui est un mauvais indicateur du risque », a-t-il ajouté.

Parmi ces risques extrêmes figurent notamment la normalisation de politique monétaire de la Fed, le ralentissement économique en Chine et le retrait progressif de la liquidité sur les marchés du fait d’une réglementation bancaire plus sévère.

« Toute une partie de la performance des obligations depuis vingt ans disparaît avec la baisse de la liquidité », a déclaré Vincent Chailley.

Ces risques conduisent les gérants d’H2O à maintenir leur pari sur le dollar, à rester à l’écart des actifs émergents et à privilégier les actions des pays développés, notamment européennes, lesquelles devraient profiter du mouvement de baisse de l’euro.

Les obligations périphériques de la zone euro, qui avaient entraîné une très forte volatilité du fonds H2O Multibonds au début de l’été du fait d’une très forte exposition à la Grèce, sont de nouveau attrayantes, a estimé Vincent Chailley. L’amélioration de la conjoncture dans les pays d’Europe du Sud fait plus que contrebalancer le ralentissement de la croissance en Allemagne, plus exposée au ralentissement de la Chine que le reste de l’Europe.

Les responsables d’H2O privilégient la thèse d’un rebalancement de la croissance économique mondiale, en faveur des pays développés, plutôt qu’un ralentissement global. L’impact d’un ralentissement des émergents sur les pays développés serait très faible d’après eux.

« Les Etats-Unis sont une économie de service et très domestique, et la baisse des matières premières constitue un soutien fort pour l’économie », a estimé Bruno Crastes. « Il y a peu de risques sur les Etats-Unis, le Japon, et un peu plus sur l’Europe », a-t-il néanmoins indiqué.

Le directeur général d’H2O a ajouté que la dernière grande crise financière dans le monde émergent, en 1997, avait précédé une phase de croissance soutenue pour les pays développés.

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.