Nous rencontrons des difficultés pendant la phase d’enregistrement. Merci de bien vouloir patienter pendant que nous résolvons ce problème.

Comment faire bon usage de son conseiller financier

Le choix d'un conseiller financier peut être intimidant. Voici quelques questions à poser lorsque vous travaillez avec un conseiller financier - et quelques signaux d'alarme à surveiller.

Ali Masarwah 27.04.2021
Facebook Twitter LinkedIn

Cash euros money 3481699 520

En matière de conseil financier, les épargnants sont de mieux en mieux servis. Les progrès de la réglementation ces dernières années ont apporté plus de transparence, en particulier en matière de frais et d’information des investisseurs.

Un nombre croissant de conseillers adoptent, très progressivement certes, la facturation aux honoraires.

Morningstar examine régulièrement l'expérience des investisseurs du monde entier à travers son étude sur l'expérience des investisseurs mondiaux et cette recherche nous indique que les choses s'améliorent petite à petit.

Il reste encore du chemin à parcourir. Les conseillers financiers peuvent toujours être rémunérés par les producteurs de fonds (rétrocommissions), ce qui peut créer un conflit d’intérêt.

Les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance, qui dominent en France la distribution des fonds dans les contrats d’assurance-vie, privilégient le plus souvent les fonds « maison » et n’offrent que rarement accès aux meilleurs choix en matière de solutions de gestion, ce qui ne favorise clairement pas l’intérêt de leurs clients.

Dans ce contexte, trouver un (bon) conseiller financier est souvent une tâche ardue. Voici donc trois choses à rechercher lors du choix d'un IFA, ainsi que quelques signaux d'alarme à surveiller.

Votre conseiller financier est-il indépendant ou pas ?

Étant donné que les besoins de chaque individu sont différents en matière d’investissement - en fonction de vos objectifs, de votre tolérance au risque et de votre horizon temporel - vous voudrez vous assurer que votre conseiller financier a accès à autant de fonds et de produits différents que possible.

Un conseiller « restreint » peut uniquement être en mesure de vous offrir l'accès aux fonds d'une poignée de fournisseurs, tandis qu'un conseiller financier indépendant peut accéder à l'ensemble du marché.

Mais la question de l’étendue de la boîte à outils du conseiller va au-delà de cela.

Les conseillers doivent avoir une vision globale de la situation financière du client : quels sont les actifs du client, ses passifs et sa situation fiscale ? Quels sont ses objectifs et comment peut-il les atteindre au mieux ?

Un conseiller doit pouvoir tout envisager, en particulier en matière d’organisation d’un patrimoine, de fiscalité, ou des modalités d’une transmission efficace. Il devrait être en mesure de vous aider à organiser votre planification financière.

Si des investisseurs malchanceux peuvent encore tomber sur de simples vendeurs de produits financiers souvent fortement chargés en frais, on constate une réelle évolution du métier de conseiller financier vers plus d’expertise ou la capacité à aller chercher les expertises lorsqu’elles n’existent pas en interne.

Si vous choisissez un conseiller, il peut être utile de faire un audit financier rapide par soi-même afin de savoir quels actifs vous possédez et quels sont vos objectifs, puis de parler à quelques conseillers pour vous aider à choisir celui qui répondra au mieux à vos attentes.

Ce à quoi il faut prêter attention :

« C'est une offre limitée que je réserve uniquement à mes meilleurs clients ! » C'est la phrase d'un vendeur et non d'un conseiller financier indépendant.

Un conseiller financier ne doit jamais faire pression pour que vous preniez une décision. Vous devriez avoir l'impression de travailler ensemble.

Votre conseiller financier explique-t-il les choses clairement ?

Le secteur de l'investissement est notoirement réputé pour son jargon et ses discours techniques. C’est le travail de votre conseiller financier d'éviter ce jargon et de vous rendre les choses les plus limpides possibles. N'ayez jamais peur de poser des questions si vous ne comprenez pas !

Alors que certaines personnes voudront peut-être discuter de stratégie d’investissement, d’allocation d’actifs, de corrélation ou de vente à découvert, le fait est que la plupart des investisseurs ne sont pas des experts financiers et ont le droit de comprendre ce que leur conseiller essaie de leur dire.

Un conseiller qui se cache derrière des termes techniques à consonance compliquée est un signal d'alarme.

De nos jours, les conseillers peuvent utiliser la technologie pour montrer de quoi ils parlent à l’aide d’illustration et de graphiques.

Après avoir vu votre conseiller, vous devez savoir : combien coûte le produit financier proposé ? Quel est le meilleur scénario ? Comment cela fonctionne ? Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?

Ce à quoi il faut prêter attention :

« Votre portefeuille est complètement nul - nous devons repartir de zéro dès à présent ! » Ce n'est pas un conseil très utile ! Même si votre portefeuille ne répond pas tout à fait à vos besoins, un conseiller devrait vous expliquer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et vous montrer les meilleurs itinéraires pour revenir sur la bonne voie, et ne pas vous faire sentir comme un idiot pour les décisions passées.

À quelle fréquence devriez-vous parler à votre conseiller ?

Etablir la relation avec un conseiller, en particulier si vous démarrez un portefeuille d’investissement à partir de rien, peut prendre quelques réunions. Mais une fois que tout est en place – comme tout investisseur à long terme le sait – il est important de ne pas trop intervenir.

Bien sûr, il vaut toujours mieux avoir commencé à investir hier et on sait que plus un investisseur peut investir longtemps, plus ce dernier pourra travailler pour lui et déployer la magie des intérêts composés.

Cela ne veut pas dire que vous devriez être pressé ou poussé à signer un contrat engageant sur le long terme.

Méfiez-vous des conseillers qui vous présentent des « offres spéciales », parlent de l'assurance-vie une semaine et de l'immobilier la semaine suivante. Il n'est pas nécessaire de répondre à de tels arguments de dernier appel.

Les conseillers sérieux devraient vous guider calmement même dans les marchés les plus chahutés.

En effet, les conseillers avec lesquels nous nous sommes entretenus au plus fort de la pandémie de Covid-19 disaient à leurs clients de ne pas vendre en panique, mais de rester concentrés sur leur stratégie de long terme. Ceux qui disposaient de liquidités ont d’ailleurs pu les mettre à profit.

Ce à quoi il faut prêter attention :

« Les coûts n'ont vraiment pas d'importance - le retour est la seule chose qui compte ! »

La recherche a montré à maintes reprises que les frais sont ce qui a le plus grand impact sur les performances de vos investissements au fil du temps.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles si peu de fonds actifs parviennent à surperformer les fonds passifs sur le long terme (selon le dernier rapport du baromètre actif/passif de Morningstar).

Un conseiller ne devrait jamais vous encourager à payer trop cher pour un fonds ou un produit financier. Après tout, il est censé vous aider à croître et à protéger votre argent, pas à la dilapider.

 

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Ali Masarwah

Ali Masarwah  était le rédacteur en chef de Morningstar Allemagne.