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Les politiques de relance sont-elles inflationnistes ?

L’inflation ne semble pas une menace significaitive à court terme.

Jocelyn Jovène 18.05.2020
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La mise en place de politiques de relance massives va se traduire par une augmentation des déficits publics dans de nombreux pays dans des proportions que l’on n’avait pas vues depuis la seconde guerre mondiale.

Ainsi, aux Etats-Unis, le déficit public pourrait atteindre 20% du PIB cette année, tandis que le bilan de la Réserve fédérale a déjà bondi de 60% en l’espace de quelques semaines. L’Etat fédéral américain va donc devoir émettre des milliers de milliards de dollars de dette sur les marchés pour financer ses plans d’aide à l’économie.

Face à une telle progression de l’endettement public, aux injections de liquidités, et à la perspective d’une monétisation de la dette publique, de nombreux investisseurs craignent, à terme, une résurgence de l’inflation.

La menace inflationniste n’existe en théorie que si la demande de biens et services est durablement supérieure à l’offre ou si un choc d’inflation est provoqué par exemple par l’envolée du cours des matières premières ou une tension durable sur les salaires.

Or, au moins à court terme, l’impact du coronavirus s’est traduit à la fois par un choc d’offre (arrêt de nombreux secteurs d’activité et chaînes de production) et de demande (distanciation sociale, réduction des déplacements, confinement des populations).

La conséquence en a été un effondrement de la richesse créée dans de nombreux pays, et un retour aux niveaux d’avant crise qui sera sans doute long – d’autant que ce dernier sera contraint par un certain nombre de défis majeurs (changement climatique notamment, mais aussi lutte contre les inégalités…).

La chute des cours du pétrole, conséquence de la stratégie hasardeuse de l’Arabie Saoudite, mais également de la chute de la demande mondiale, aura elle aussi un impact sur l’évolution du niveau général des prix.

Les craintes de menace inflationnistes semblent donc exagérées à court terme.

Dans ces circonstance, les taux d’inflation cibles des banques centrales (2% aux Etats-Unis et en zone euro) pourraient ne pas être atteints avant plusieurs trimestres.

A plus long terme, il est difficile aujourd’hui de voir comment l’inflation pourrait être une menace.

Les économies des pays développées sont confrontées à un vieillissement démographique, qui se traduit par une augmentation de l’épargne, laquelle répond aussi aux incertitudes sur le financement des systèmes de retraites dans de nombreux pays.

La baisse tendancielle des gains de productivité est également une autre raison qui explique pourquoi les rythmes de hausse des prix devraient être modérés.

Tout ceci ne plaide pas pour une remontée immédiate voire même durable des taux d’intérêt.

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.