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Investissement ESG : défis et solutions

L’investissement durable compte son lot de défis. En réponse à l’enquête des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies, Morningstar a proposé plusieurs solutions possibles.

Hortense Bioy, CFA 17.02.2020
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La gestion passive et l’investissement responsable ont suscité un intérêt croissant au cours des dix dernières années. Ils ont stimulé, à eux deux, la croissance des fonds durables passifs ainsi que le mouvement mondial en faveur d'initiatives d’actionnariat actif chez les fournisseurs de fonds passifs.

Les Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations Unies ont diffusé un questionnaire au sujet des défis et des solutions en termes d'incorporation des facteurs sociaux, environnementaux et de gouvernance dans l’investissement passif.

Voici quelques-unes de nos réponses à ces questions.

Quelles sont les priorités ? 

Assurer la cohérence et la clarté de ce qui compte en tant qu’activité économique durable, ce qui favorisera l’établissement de nouveaux indices servant à la fois de références et de base à la création de produits.

Viser à ce que les indices de référence environnementaux et ESG puissent devenir d’usage courant.

Il existe des craintes que la taxonomie et l’harmonisation des données à l’échelle de l’Union européenne freinent l’innovation dans la gestion passive, mais nous ne sommes pas sûrs que ce sera le cas.

Les fournisseurs de fonds indiciels et passifs auront toujours la possibilité de créer des produits en recourant aux données et à la méthode qu’ils souhaitent ; peut-être se sentiront-ils simplement obligés de faire référence à la taxonomie dans leurs rapports et les communications auprès de leurs clients.

Les défis de l’incorporation des facteurs ESG

Les Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies nous ont demandé de classer, par ordre de difficulté, une liste de défis que peut poser l’incorporation des facteurs ESG et de l'actionnariat actif dans les stratégies passives.

Au nombre des défis répertoriés par les PRI, nous pensons que les trois principales difficultés en termes d’incorporation des facteurs ESG sont la cohérence des données d’entreprises, la disponibilité de ces données, et la transparence des références et des indices.

Selon nous, les obstacles les plus importants en matière d'actionnariat actif sont la pratique du « freeriding », l'absence de recherche et de ressources, et la contribution à la performance globale des portefeuilles.

Nous sommes également d'avis que l’écart de suivi constitue une barrière à l'incorporation des facteurs ESG dans les placements passifs. Nombre d’investisseurs sont soit contractuellement contraints par le risque d'écart de suivi, soit simplement réfractaires à l’idée de dévier par rapport au bêta du marché.

Un autre défi tient à l’évolution des méthodologies de notation ESG. Ce domaine étant encore récent, les agences de notation apportent fréquemment des modifications à leurs méthodologies ESG.

Cette instabilité, associée au manque de cohérence des données d’entreprises, fait que les indices ESG sont susceptibles d’être plus dynamiques et actifs que tout autre type d’indice.

Quelles sont les solutions ? 

Pour les investisseurs institutionnels aux détenteurs d'actifs institutionnels envisageant d’inclure des facteurs ESG, nous conseillerions de vérifier la solidité de la méthode sous-jacente d'évaluation des facteurs ESG au niveau des entreprises, et de bien comprendre les règles des indices ainsi que la manière dont celles-ci se traduisent en termes de détentions, de biais (géographique, sectoriel et factoriel) et d'écart de suivi. 

Pour les Principes pour l’investissement responsable des Nations unies : les PRI devraient favoriser le dialogue collaboratif et la promotion de politiques au même titre que de meilleures pratiques de vote et de divulgation des prises de contact.

Ils devraient aussi continuer de promouvoir les meilleures pratiques sur la base d'études de cas.

Enfin, nous conseillerions aux PRI d’inciter les gérants passifs à informer les investisseurs – y compris les investisseurs individuels – quant aux risques systémiques, en particulier le risque climatique.

Ces gérants ne peuvent se contenter de déclarer que l'impact du changement climatique sur l’investissement suscite des inquiétudes ; ils doivent aider leurs clients à évaluer ce risque et, en définitive, proposer des solutions d’investissement qui le réduisent. 

Quel peut être l’apport de la gestion passive ? 

Il n’y a pas d'approche unique en matière de gestion efficace. Nous listons ci-dessous quelques manières dont les stratégies passives peuvent promouvoir de meilleures pratiques au sein des entreprises ; cette liste n’est toutefois pas exhaustive et les gérants d'actifs doivent imaginer des façons innovantes de pousser les entreprises à mettre en place de meilleures solutions ESG.

  • Un dialogue direct et collaboratif avec les entreprises
  • Le vote par procuration
  • La promotion de politiques
  • Une littérature témoignant d’un leadership éclairé et l’information des investisseurs
  • Des campagnes de communication

Voici quelques-unes des mesures que les gérants passifs pourraient selon nous prendre pour faire avancer le dialogue, hors option du retrait des investissements :

Faire état des échecs de prise de contact : donner le nom des entreprises qui se montrent sourdes au dialogue peut être une manière efficace d’exercer des pressions.

Rejoindre un groupement d’investisseurs (tel que Climate Action100+) : ce type d'initiative met en lumière les prises de contact initiées par le gérant et son engagement à faire avancer les échanges.

Déposer des résolutions d'actionnaires : cette stratégie n’a pas été utilisée par de grands gérants d’actifs mais obtiendrait probablement le soutien d'autres actionnaires.

Voter contre la direction et la nomination de présidents et d'administrateurs : cette opposition enverrait un signal aux entreprises ainsi qu'au marché au sens large.

Créer des indices et des fonds sous gestion passive qui intègrent des règles spécifiques en termes de dialogue avec les entreprises : ces fonds pourraient par exemple exclure de manière systématique les entreprises avec lesquelles les contacts ont échoué.

 

 

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A propos de l'auteur

Hortense Bioy, CFA

Hortense Bioy, CFA  est directrice mondiale de la recherche sur l'investissement durable chez Morningstar