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Attention! L’aversion au risque diminue, avertit Howard Marks

La différence entre un marché sain et un marché qui l’est moins est le degré de tolérance au risque.

Jocelyn Jovène 28.11.2013
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Mark Twain affirmait : « l’histoire ne se répète pas, elle rime ». Une maxime qu’Howard Marks, le patron du fonds d’investissement Oaktree Capital a fait souvent sienne dans les mémos qu’il envoie à ses clients investisseurs.

La dernière mouture est centrée sur l’aversion au risque, qui a sensiblement diminué ces derniers temps, soit parce que les investisseurs ont eu la main forcée par les banques centrales, ou parce qu’ils considèrent que l’environnement est moins risqué, même s’il n’est pas moins incertain – en partie parce que d’importantes masses de liquidités sont prêtes à s’investir et parce qu’il y a l’espoir que la croissance économique se raffermira bien un jour.

« L’aversion au risque est l’élément essentiel de marchés sains. Les gens sont supposés préférer la sécurité plutôt que l’incertitude (…). Lorsque les investisseurs sont suffisamment averses au risque, ils (a) approchent les investissements risqués avec prudente et scepticisme, (b) mènent des analyses poussées, sur la base d’hypothèses prudentes, et (c) demandent une rémunération supplémentaire pour prendre plus de risque », écrit Marks dans son mémo.

A l’inverse, poursuit-il, « lorsque les investisseurs sont plus tolérants au risque, ils sont moins méfiants, moins diligents, fondent leur analyse sur des hypothèses agressives et oublient de demander les primes de risque adéquates pour prendre plus de risque. Le résultat est un environnement plus dangereux où les prix des actifs montent, les rendements espérés diminuent, le risque augmente, la qualité et la sécurité des titres se détériorent et la prime pour porter plus de risque est insuffisante. » (Passage surligné par l’auteur)

Sans toutefois considérer que les investisseurs ont retrouvé les travers de 2007 qui avaient créé les conditions de la crise financière, Marks estime néanmoins que les marchés sont beaucoup plus risqués aujourd’hui qu’il y a quelques années, sans toutefois avoir encore atteint une zone dangereuse.

En termes de gestion de portefeuille, Marks considère que la plupart des classes d’actifs sont à leur prix mais pas encore en situation de bulle – avec une exception, les obligations « en général », les banques centrales maintenant des rendements à des niveaux ultra-bas, ce qui signifie que les valorisations sont proches des plus hauts historiques.

Reprenant une devise de Warren Buffett, Marks conclut son mémo en recommandant aux investisseurs d’augmenter leur niveau de prudence lorsque les marchés deviennent plus risqués.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.