Fonds passifs, le meilleur et le pire de 2017

Palladium et marchés émergents ont été les meilleurs choix de l’an dernier. Le gaz naturel, les produits agricoles et les obligations en dollars ont souffert.

Valerio Baselli 08.01.2018

Si 2016 a été marquée par l’incertitude politique (Brexit, victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, référendum italien), 2017 a été une belle année pour les actions mondiales, l’indice Morningstar Global Markets NR ayant progressé de 8,8%.

Les actions ont bénéficié d’un environnement économique globalement favorable, avec peu d’inflation. Les politiques monétaires sont restés dans l’ensemble accommodantes, même si la Fed a poursuivi son processus de normalisation et va effectivement réduire son bilan. L'industrie européenne des fonds passifs a également mis en exergue une autre tendance observée l'année dernière : la faiblesse de la volatilité (cliquez ici pour lire l'article A la recherche de la volatilité perdue). En effet, le pire tracker de l'année en Europe a été le Lyxor S&P 500 VIX Futures Enhanced Roll UCITS ETF qui a chuté de 64% (ce fonds est coté à Milan, Francfort et Amsterdam).

En 2017, entre le meilleur fonds passif (en termes de performance absolue) et le plus mauvais, l’écart de performance atteint près de 115 points de pourcentage (sur la base des fonds enregistrés à la vente en France, produits à effet de levier et vente à découvert exclus).

L’univers des ETP

Parmi les fonds indiciels cotés en Bourse, le « gagnant » de 2017 est sans aucun doute le palladium, qui dans sa version couverte par le risque de change a dépassé les 50 pourcents de hausse, aidé par la bonne santé de l'industrie automobile mondiale (il s’agit d’un métal rareutilisé dans la fabrication des convertisseurs catalytiques, ainsi que dans les télécommunications, en odontologie, dans le secteur de l'électricité, ainsi que dans la joaillerie). Le cours du palladium est actuellement de 1.090 dollars l’once.  

L’année a également été très favorable aux actions émergentes. Dans l’univers des ETF, ce sont les marchés boursiers polonais et chinois qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu, suivis par les petites et moyennes valeurs italiennes, boostées par le grand intérêt que les PIR (Piani Individuali di Risparmio, équivalent italien du PEA-PME).

Du côté des déceptions, on trouve surtout des produits exposés aux matières premières agricoles et au gaz naturel, matière première affectée par les conditions météorologiques d'hiver, en particulier aux États-Unis, ainsi que par l'extraction du gaz de schiste, qui a accru l'offre.

L’univers des fonds indiciels

En ce qui concerne les fonds passifs non cotés, l’année a été celle des marchés émergents.

Grâce à la performance des marchés asiatiques, les marchés émergents ont battu les marchés développés malgré une évolution des taux de change défavorable à l'euro.

Les contributions de la Chine (qui représente 32,2% de l'indice Morningstar EM) et de l'Inde (15,8%) ont largement absorbé la dépréciation du yuan (-10%) et de la roupie indienne (- 7%) contre la monnaie unique.

Du côté des perdants, on trouve surtout des fonds exposés aux obligations en dollars, qui ont souffert de la diminution des achats d’actifs par la Réserve Fédéral américaine.

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A propos de l'auteur Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste de Morningstar en France et Italie.