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Biotechnologies, un secteur en phase de consolidation

L’industrie des biotechnologies suscite de plus en plus d’intérêt. Gérant du fonds Pictet GSF Biotech, Michael Sjöström anticipe une consolidation du secteur…

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On a l’impression que les biotech bénéficient d’un regain d’intérêt depuis l’effondrement des TMT…

Le regain d’intérêt pour les biotechnologies date de septembre 98, les différents indices biotech le montrent. Entre 95 et 97, on avait assisté au lancement et au succès commercial des anti-corps monoclonaux que l’on attendait depuis longtemps.

En réalité les sociétés de biotechnologies ont elles-aussi bénéficié de l’effet dot.com et des start-up. Il y a en outre la médiatisation autour de la recherche sur le génome humain qui a attiré l’attention du grand public sur ce secteur..

A cette époque on est passé d’une situation avec environ 6 compagnies qui gagnaient de l’argent et dominaient le marché, avec les autres qui perdaient de l’argent, à une situation où il existe une trentaine de sociétés plus ou moins profitables.

Commercialement, comment s’est comporté votre fonds durant cette période ?

Le fonds avait été lancé en janvier 94, à l’origine pour la clientèle interne de la banque Pictet qui souhaitait investir dans les biotechnologies. En mars 95 le fonds a été transformé en SICAV luxembourgeoise et la distribution s’est ouverte sur l’extérieur.

Cette évolution était assez opportuniste : on a vu qu’il y avait un intérêt pour le secteur en général et pour ce fonds en particulier. Le succès a suivi : à la fin de l’année 98 les actifs nets du fonds s’élevaient à 200 millions de dollars et on est passé à 2,1 milliards de dollars en juin 2000.

Aujourd’hui, nous sommes revenus à 1,2 milliards de dollars d’actifs nets. Ceci s’explique par la baisse des marchés alors que nous avons connu une croissance constante du nombre de parts en circulation

Les valeurs biotech vont-elles rebondir ?

Depuis mars 2000, on assiste à une consolidation du marché, au départ tout à fait justifiée. En 2001, le phénomène a été global avec une consolidation générale des marchés et dans ce contexte le secteur des biotech s’est plutôt bien tenu avec des indices en recul en moyenne de 16% seulement.

Aujourd’hui, cela me semble excessif et je pense que cette déprime dure depuis trop longtemps.

La situation devrait changer, on a vu 4 fusions et acquisitions en décembre dernier et je crois qu’il existe des start-up qui ont vocation à se faire racheter.

Dans ce contexte, comment se compose votre portefeuille ?

Le fonds compte actuellement 43 lignes avec l’objectif de rester entre 40 et 45 lignes.

Parmi nos plus grosses lignes, il y a Serono. Il s’agit d’une entreprise suisse qui est aussi la grosse biotech en Europe. La société a une croissance soutenue des ventes et des bénéfices et dispose d’un fort potentiel aux Etats-Unis

Genzyme travaille sur les maladies génétiques rares. Ici la thèse d’investissement est l’existence d’un potentiel à court et à moyen termes dans le traitement de l’excès de phosphate. La société n’est pas chère et elle fait déjà des bénéfices.

Travaillant sur le cancer, Celgene est une ligne conséquente de notre portefeuille. La thèse d’investissement pour cette société est qu’elle est spécialisée en signalisation intracellulaire : grâce à un accord avec Novartis, Celgène dispose d’une base de revenu récurrente.

Vous vous intéressez d’abord à des entreprises qui gagnent de l’argent…

L’industrie des biotechnologies est avant tout une industrie de découverte où il y a aussi des entreprises au stade commercial. Sur 400 compagnies cotées, une trentaine sont à ce stade.

Il est vrai que depuis 12 mois, nous nous orientons plus vers des entreprises qui mettent sur le marché des produits que vers des sociétés de pur développement. Mais il y a 3 ans la perception des opportunités était différente, on avait plus de petites capi, des compagnies qui offraient des plates-formes technologiques. Et il y a 4 ans, on avait beaucoup de grosses capi… Vous le voyez, notre stratégie n’est pas coulée dans le bronze.

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A propos de l'auteur

Frédéric Lorenzini

Frédéric Lorenzini  est Directeur de la Recherche de Morningstar France.