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Que faire quand les marchés corrigent : l’épisode du coronavirus

La mondialisation du coronavirus provoque un mouvement de panique sur les marchés, et invite à une certaine prudence à court terme. Quelques rappels des bons principes à avoir dans ce contexte.

Jocelyn Jovène 02.03.2020
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Piloter son portefeuille dans un environnement de stress sur les marchés financiers, sur fond d’épidémie dont on a encore du mal à savoir quand elle va se terminer et quels seront ses impacts sur les populations, les systèmes de santé et la croissance économique mondiale est particulièrement difficile pour tout investisseur.

Il faut reconnaître que la correction de la semaine passée, qui n’est peut-être pas terminée, ne devrait rien avoir de surprenant quand on sait à quel point les marchés se montraient complaisants dans les premières semaines d’émergence de l’épidémie de coronavirus en Chine.

L’année 2020 avait en effet démarré sur une note relativement « bullish » (malgré l’Iran), et un certain nombre d’acteurs systématiques du marché avaient poursuivi des prises de positions sur des stratégies déjà surexploitées (thèmes de la « qualité croissance » et de la recherche du rendement). Les multiples de valorisation étaient déjà bien tendus.

Il aura fallu que l’épidémie se mondialise pour que les marchés inversent la tendance.

Que sait-on à ce stade ?

C’est l’incertitude qui prédomine. On sait que l’impact sur la croissance chinoise, toujours atelier du monde, est majeur. L’indice Caixin China General Manufacturing PMI, publié dans la nuit du 2 mars, s’est effondré à 40,3 en février contre 51,1 au début de l’année, soit son plus bas niveau depuis avril 2004. Quoique sombre, l’enquête montre que les producteurs « étaient confiants que la production augmentera au cours de l’année à venir, avec un degré d’optimisme atteignant un plus haut de 5 ans. »

Dans ce contexte, certaines entreprises ont déjà revu à la baisse leurs perspectives pour le premier trimestre 2020, voire ont remis en question leurs objectifs pour l'année. Elles sont toujours dans l’expectative et ne peuvent donner, pour la plupart, que de premières estimations.

Pour les stratégistes de Goldman Sachs, dans une note datée du 26 février, il n’y aurait à ce stade pas de risque de « bear market profond » (« deep bear market »), ni de risque de récession aux Etats-Unis (mais le risque de récession en Europe est lui plus élevé).

« Cela dit, nous pensons que le positionnement et les valorisations ne sont pas suffisamment déprimés et que l’incertitude sur l’impact du coronavirus sur la croissance mondiale est susceptible d’être élevé », observent-ils.

Quelques références historiques

Historiquement, les mouvements de correction boursière durent 4 mois en moyenne avec une baisse de 13% en moyenne des actions américaines (11% de baisse depuis le point haut du 19 février pour l’indice Morningstar US Market et le S&P 500), suivis d’un rebond qui a duré 4 mois en moyenne.

A ce stade, les niveaux de valorisations des actions sont encore plus élevés que lors des précédentes phases de correction importante de 2016 ou 2018.

Il faudra vraisemblablement attendre plus de clarté sur la stabilisation de la croissance mondiale avant de reprendre du risque dans les portefeuilles.

Comment les investisseurs doivent-ils réagir ?

Comme lors des précédentes phases de correction majeures sur les marchés, le calme doit prévaloir.

La volatilité doit toujours être considérée comme une source d’opportunités, en particulier lorsque l’on a un horizon de long terme. Comme toujours, les valeurs refuge bénéficie du mouvement (« risk off ») avec le 10 ans US a un plus bas de 1,14% vendredi dernier, et le 10 ans allemand a chuté à -0,62% (-0,31% pour le 10 ans français).

L’indice de volatilité a fortement rebondi (40,11 pour le VIX vendredi), mais reste encore bien en-deçà des plus hauts atteints historiquement, pendant la crise finanicère de 2008 notamment.

Les investisseurs doivent donc se montrer attentifs avant tout aux niveaux de valorisation des actifs qu’ils considèrent intéressants et en phase avec leur allocation d’actifs, du point de vue de leur couple rendement-risque.

Pour les investisseurs, une fois encore, le plus important est de garder son sang-froid et de se poser les bonnes questions. Pour vous y aider, voici une série d’articles publiés dans le passé dans des circonstances similaire ou destinés à vous éclairer sur l’évolution récente des marchés.

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.