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L’heure des sacrifices

Les investisseurs semblent accepter bien des compromis pour gagner un peu plus sur les marchés financiers.

Jocelyn Jovène 05.11.2019

Sur les marchés financiers, les investisseurs semblent prêts à sacrifier quelque-chose : prendre plus de risque, s’exposer à des actifs moins liquides, voire abandonner une promesse de rendement.

Pour pouvoir détenir à des actifs sûrs, comme le Bund ou le cash, certains acceptent de subir un rendement négatif (30% des émissions gouvernementales dans bon nombre de pays développés, Allemagne, Japon, France et peut-être bientôt Etats-Unis).

D’autres encore, pour obtenir un surcroît de rendement, acceptent de prendre plus de risque : ils abandonnent le crédit de qualité investissement (« Investment Grade ») pour lui préférer le haut rendement. Cette stratégie s’avère payante cette année, le haut rendement rapportant respectivement autour de 9% et 12% en Europe et aux Etats-Unis.

D’autres enfin préfèrent des placements moins liquides, au prétexte qu’ils seront moins volatiles. Les levées de fonds du private equity atteignent des niveaux record, mais les possibilités d’investir ces capitaux étant de plus en plus rares, certains fonds se montrent moins regardant sur la qualité des dossiers qu’ils étudient et les multiples de valorisation montent.

Tout ceci participe du même cirque et prépare les conditions du prochain krach. Il n’y a certes pas d’emballement ou de bulle irrationnelle sur les marchés. Juste des actifs dont le prix monte, alors que les fondamentaux ne suivent plus vraiment.

Comme tous les krachs, il faudra vraisemblablement une récession pour remettre les pendules à l’heure. Et tant que les banques centrales « veillent au grain », l’heure tourne.

Tous ces investisseurs peuvent expliquer pourquoi ils adoptent un comportement en apparence irrationnel. Ce n’est pas de leur faute, c’est, encore une fois, celle des banques centrales, qui les poussent à prendre plus de risque, puisqu’elles compriment les rendements des actifs sûrs et contribuent à aplatir la courbe des taux.

Ils oublient au passage que ce n’est pas parce qu’ils prennent plus de risque, que le surcroît de rendement promis par la théorie financière moderne les attend au coin de la rue. Le risque de perte en capital existe bel et bien, que l’on soit investisseurs en actions ou en obligations.

Si ces mêmes investisseurs regardaient la réalité en face, ils devraient s’en tenir à ce que nous rappellent souvent Warren Buffett et son acolyte Charlie Munger : sur les marchés financiers, vous n’êtes pas obligés de participer. Vous pouvez acheter beaucoup de choses, mais si vous considérez que les chances ne sont pas de votre côté, vous pouvez juste passer votre tour.

Cela peut sembler un luxe. Mais quand on a la responsabilité de gérer ou de conseiller l’argent des autres, ce devrait être une règle d’or.

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.

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