Brexit : peu d’impact sur le luxe

L’impact à court terme est réel, mais à plus long terme c’est l’évolution des parités monétaires qui importe.

Paul Swinand 01.07.2016
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La décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne a provoqué des baisses importantes dans l’univers du luxe, mais cette réaction de court terme et les inquiétudes liées au « Brexit » ne modifient pas nos vues de long terme sur les valeurs du luxe.

Nous considérons toujours Richemont et Swatch comme les titres les plus décotés du secteur, tandis que Burberry, Prada, LVMH et Kering sont tous notés 4 étoiles.

Quelles que soient les implications du Brexit, le calendrier et les règles qui seront implémentées, ces éléments devraient avoir peu d’impact sur la demande de long terme pour les produits de luxe. L’incertitude liée au Brexit devrait conduire les consommateurs britanniques à reporter leurs achats, mais la faiblesse des devises a par le passé été un facteur positif pour les entreprises du secteur. La demande des touristes devrait compenser le repli de la demande britannique.

L’Europe, qui était dans une situation favorable l’an dernier, semble souffrir des attentats terroristes de Paris, Bruxelles et en Turquie plus récemment. Toutefois, l’euro s’est apprécié face au franc suisse. Au Japon, où la croissance semblait revenir sur fond de repli du yen, l’activité pourrait ralentir avec la remontée de la devise nipponne. Le sentiment des consommateurs pourrait se retourner dans le courant du second semestre.

La Chine, qui a été plusieurs années durant un moteur de croissance en particulier pour les groupes de luxe suisses, envoie des signaux mitigés avec des ventes à magasins constants qui semblent tenir, tandis que les ventes en gros à Hong Kong ou Macau connaissent des évolutions moins favorables.

L’évolution des parités monétaires sera un élément important à suivre. Le franc suisse s’est apprécié d’environ 20% depuis l’annonce du Brexit, alors que depuis le début de l’année, la livre sterling avait baissé d’environ 11% et elle s’était apprécié légèrement au cours du mois de mai. Les mouvements soudains de juin semblent moins graves lorsqu’on les compare à 2015.

Toutefois, si l’on intègre une exposition de 6% au Royaume-Uni et une baisse de 15% du sterling par rapport au franc suisse, le chiffre d’affaires des groupes de luxe suisses devrait diminuer de 1%. Par rapport au poids du dollar et en tenant compte d’une parité franc suisse-dollar de 0,98-1,04 contre 1,05 dollar au cours du premier semestre 2016. Le dollar s’est apprécié de 0,5% par rapport au franc suisse, sur environ 60% des ventes des sociétés. L’euro s’est apprécié de 3%, affectant 20% des revenus.

Aussi, au regard des mouvements des changes dans des directions parfois contradictoires, il est important de focaliser davantage son attention sur l’évolution de l’euro et du dollar que sur celle de la livre sterling.

Nos scénarios n’intègrent pas à ce stade la possibilité d’une crise financière de l’ampleur de celle de 2008. Malgré l’ouverture prochaine d’une fenêtre de deux ans pour discuter des modalités de séparation du Royaume-Uni, nous ne pensons pas que le Brexit va menacer de manière profonde le modèle économique, l’avantage concurrentiel ou l’activité et donc la valeur des entreprises du secteur, en particulier des sociétés suisses.

 

 

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Valeurs citées dans l'article

NomValeurVariation (%)Notation Morningstar
Burberry Group PLC980,20 GBX-4,23Rating
Compagnie Financiere Richemont SA Class A143,85 CHF-1,51Rating
Kering SA302,50 EUR-3,83Rating
LVMH Moet Hennessy Louis Vuitton SE711,40 EUR-2,75Rating
Prada SpA62,25 HKD-0,64Rating
The Swatch Group AG Bearer Shares185,25 CHF-1,83Rating

A propos de l'auteur

Paul Swinand  Paul Swinand is an equity analyst on the Consumer Team.