Placements alternatifs : de quoi parle-t-on ?

Moins de transparence, moins de liquidité, mais plus de diversification et de rendement. Voilà les promesses de l’alternatif au sens large du terme.

Jocelyn Jovène 20.06.2016
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Aussi bizarre que cela puisse paraître, les placements alternatifs sont plus définis par ce qu’ils ne sont pas que par ce qu’ils sont. Ces placements sont en effet une alternative aux classes d’actifs « traditionnelles » que sont les actions, les obligations et le cash et qui constituent toujours la part majoritaire des allocations d’actifs de la plupart des investissements, à quelques exceptions près.

La frontière entre placements « traditionnels » et « alternatifs » est relativement floue et a tendance à évoluer avec le temps et avec la réglementation. Aujourd’hui, les matières premières, les « hedge funds », le « private equity » et l’immobilier sont considérés comme les quatre principales classes d’actifs alternatives.

Pour les investisseurs institutionnels, l’immobilier et les matières premières sont plutôt considérés comme une source de diversification des portefeuilles et de protection contre le risque inflationniste. Les hedge funds et le private equity sont plutôt vus comme une source d’amélioration des rendements (source d’alpha), pour peu que les bons gérants soient sélectionnés.

Les deux premières catégories regroupent des actifs réels, même si les investisseurs s’exposent aux matières premières davantage par l’intermédiaire de produits dérivés (futures, forwards) que par le biais d’investissement dans les sous-jacents physiques (pétrole, métaux industriels, produits agricoles, à l’exception peut-être de l’or, très à la mode lorsque les marchés financiers paniquent).

Les deux autres catégories regroupent davantage des stratégies actives voire activistes. Leurs gérants sont rémunérés en grande partie sur la performance de leurs choix d’investissement.

Les placements alternatifs sont généralement moins transparents et moins liquides. En contrepartie, ils sont sensés offrir une source de diversification du risque, car ils sont réputés moins corrélés aux classes d’actifs traditionnelles.

Les 10 dernières années ont été mouvementées pour ces placements. Ils ont fait l’objet d’un engouement inhabituel dans les phases d’exubérance des marchés financiers (bulle du private equity en 2007, des matières premières en 2008) mais ont aussi fortement souffert des retournements de tendance, conduisant les investisseurs à se méfier des promesses de performance absolue de certaines stratégies.

Les phases de crise ont néanmoins été bénéfiques car elles ont entraîné une « sélection naturelle » entre les gérants capables de tenir leur promesse et ceux qui ne l’ont pas été, et surtout parce que les investisseurs ont poussé pour une plus grande transparence de ce type de placement – sans que celle-ci n’atteigne le niveau des classes d’actifs plus traditionnelles.

Les placements alternatifs ont une histoire relativement jeune, mais après plusieurs cycles de marché, ils ont montré qu’ils avaient une place dans une allocation d’actifs. Certains investisseurs institutionnels se rendent compte aujourd’hui qu’il est sans doute préférable de mettre des actifs moins liquides (immobilier, private equity notamment) dans une allocation que d’avoir à supporter la volatilité des marchés financiers.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.