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Les actions européennes retrouvent les faveurs des investisseurs

Le sentiment des investisseurs, encore mitigé au cours du second semestre à l’égard des actions européennes, est en train de changer.

Jocelyn Jovène 03.02.2015
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Fortement déçus par l’affaiblissement des perspectives de croissance en zone euro au cours du second semestre 2014, le sentiment des investisseurs à l’égard des actions européennes a logiquement eu tendance à se dégrader. Le graphique suivant sur l’évolution des flux vers la classe d’actifs (à l’échelle européenne) l’illustre très bien.

Source: Morningstar. Données en millions d'euros.

Mais à en croire les gérants d’actifs spécialiste de la classe d’actifs, cette situation est en train de changer. Le rebond récent des marchés n’y est sans doute aussi par pour rien.

Expérience vécue ce matin à Paris : Laurent Deltour, associé de Sycomore AM, ouvre la conférence annuelle de la société de gestion en interrogeant l’assistance pour savoir qui serait prêt à augmenter son allocation aux actions européennes. La plupart des mains se lèvent.

Plus tard dans la journée, Fidelity, qui organise un déjeuner avec des investisseurs sur les actions européennes, fait également salle comble.

A chaque fois, le message est le même. Après une série de déceptions, les investisseurs ont délaissé la classe d’actifs. Mais avec la baisse du pétrole, de l’euro, une politique monétaire ultra-accommodante et un coût de financement en recul, les perspectives de croissance bénéficiaire en Europe pourraient surprendre à la hausse, une première depuis plusieurs années.

Paras Anand, directeur des gestions actions européennes de Fidelity Worldwide Investments, illustre ce désamour à l’égard des actions européennes à travers le tableau suivant.

 Source: Fidelity Worldwide Investment

Pour la première fois depuis 3 ans, les anticipations de croissance des profits en Europe sont inférieures à ce qu’elles sont aux Etats-Unis, le tout pour une valorisation relativement et un rendement du dividende plus attrayants.

Pour les gérants de Sycomore AM, les profits des entreprises devraient sans difficulté progresser à un pourcentage à 2 chiffres, situation qui n’est pas encore intégrée dans les cours de Bourse.

Il faudra toutefois être prudent et très sélectif. Victoire de Trogoff, gérante du fonds Fidelity Europe (noté « Silver » par la recherche de Morningstar) l’exprime très clairement : « au cours des derniers mois, les marchés d’actions ont monté pour les mauvaises raisons. Aujourd’hui, la dynamique est plus juste. » Entendez : ce sont des éléments fondamentaux qui redeviennent le moteur de la performance des actions, une situation plus confortable surtout pour un « stock picker ».

Or les actions européennes sont encore peu représentées dans les allocations des investisseurs institutionnels, ce qui constitue un autre élément de soutien pour la classe d’actifs.

La gérante de Fidelity note que certains pans de la cote ont été surachetés, notamment les titres de consommation courante (« consumer staples »). A l’inverse, certains secteurs –luxe, l’industrie à forte visibilité (comme l’équipement aéronautique), les opérateurs de télécommunications alternatifs, les services collectifs régulés – sont en retard de valorisation.

Elle regarde aussi du côté des valeurs cycliques en retournement (construction, banques de réseaux, transport, emploi intérimaire ou quelques sociétés dans les services pétroliers).

Chez Sycomore AM, on privilégie quelques histoires bancaires spécifiques (Crédit Agricole, Banca Popolare dell’Emilia Romagna, Banca Popolare di Milano), on regarde aussi du côté des valeurs moyennes (Ymagis, Solocal, Peugeot) et des valeurs de croissance qui profiteront du redémarrage de la consommation.

La thématique des fusions-acquisitions pourrait également jouer. Sycomore liste quelques titres – Faiveley, Open, C&C, Pierre & Vacances, CGG, Qiagen - qui pourraient faire (ou ont déjà fait dans le cas de CGG) l’objet d’un offre de rachat.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.