La Fed douche les espoirs de normalisation de sa politique - RF Research

La publication des minutes du FOMC de la Fed s’est transformée en douche froide pour les marchés financiers internationaux

En mettant un terme à l’illusion d’une possible normalisation des taux directeurs américains, la publication des minutes du FOMC de la Fed s’est transformée en douche froide pour les marchés financiers internationaux.

La partie de poker menteur de ces derniers mois, qui consistait à redouter que la Fed durcisse le ton, tout en aspirant que tel soit le cas, afin de valider le scénario d’un assainissement économique suffisant pour se passer d’un soutien monétaire exceptionnel, a donc pris fin.

La Fed ne changera donc pas le cap de sa politique à horizon prévisible et, comme nous l’anticipions, ce scénario entraîne de nombreuses remises en question :

- Sur la situation économique fondamentale.

- Sur la crédibilité du schéma consensuel d’une remontée des taux à long terme et d’une appréciation vertueuse du dollar.

- Sur le fondement des espoirs développés par les marchés ces derniers temps et donc leur valorisation.

On comprend dès lors que la réaction soit, à ce point, négative. Que peut-il se passer à présent ?

Un agenda trop peu fourni pour permettre un retournement imminent du sentiment des investisseurs

L’agenda économique de la semaine prochaine n’offre guère d’espoir de pouvoir lever les inquiétudes aujourd’hui en place.

En zone euro, le détail par pays des chiffres définitifs d’inflation du mois de septembre, durant lequel le taux annuel de la hausse des prix a de nouveau décroché à 0,3 % selon l’estimation préliminaire, renforcera l’évidence d’une situation de plus en plus largement délicate.

Auparavant les prix de gros allemands seront également scrutés et risquent fort d’être en ligne avec les tendances baissières observées ces derniers mois dans de nombreux secteurs, à l’instar des prix à la production publiés la semaine dernière pour les produits agricoles, en repli de 1,9 % sur le mois et de quasiment 10 % depuis avril.

Par ailleurs, les résultats de l’enquête du ZEW pour l’Allemagne dont la chute des derniers mois risque fort de ne pas marquer de pause, ne sera pas non plus de bon augure. Si l’indice des conditions courantes peut se stabiliser, avant de se replier davantage d’ici la fin de l’année, celui des anticipations cassera vraisemblablement le seuil de zéro dès cette semaine, un mauvais signal pour l’activité et l’indice IFO attendu plus tard dans le mois.

En l’absence de données d’activité en Chine, les publications américaines, bien que probablement encore encourageantes (résultats trimestriels des entreprises, ventes de détail, climat des affaires régionaux de New-York et Philadelphie et mises en chantier de logements) risquent bien de ne pas être suffisantes pour modifier le sentiment ambiant et restaurer la confiance sur les perspectives globales.

Sauf surprise économique de taille dans les prochaines semaines, c’est du côté des initiatives de politique économique que repose maintenant l’essentiel des espoirs.

Il y a de ce côté-ci plusieurs éventualités :

- Du côté de la Fed peu à attendre, à l’exception, peut-être de la poursuite du programme d’achats d’obligations pour quelques mois supplémentaires si le sentiment venait à devenir plus préoccupant qu’il ne l’est aujourd’hui sur les marchés financiers d’ici le prochain FOMC (28-29 octobre).

- M. Draghi aura vraisemblablement peu de marges d’actions supplémentaires avant la prochaine réunion de la BCE début novembre. Sa communication sera donc critique. Sera-t-il en mesure d’ouvrir la porte à une action d’envergure susceptible de convaincre ? C’est toute la question.

- Les politiques s’activent en Europe, l’Allemagne et la Commission travaillant de concert sur de possibles programmes de relance de l’investissement. Les annonces en ce sens devraient se multiplier dans les prochaines semaines mais aucune précision sur le type de mesures et leur étendue éventuelle n’est connue à ce stade.

En l’attente d’annonce sur le front monétaire ou budgétaire, la frilosité des investisseurs ne devrait guère céder.

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A propos de l'auteur

Véronique Riches-Flores

Véronique Riches-Flores  Présidente de RF Research, cabinet indépendant d'analyse économique et financière.

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