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Paroles d’experts: l’allocation d’actifs

Comment déterminer son allocation d’actifs dans un contexte d’abondance de liquidités ?

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Source: Morningstar.

La table ronde dédiée à l’allocation d’actifs qui s’est déroulée dans le cadre de la conférence annuelle de Morningstar France a rassemblé trois gérants de fonds d’allocation qui ont exprimé leur préférence par classe d’actifs et leurs vues de marchés : Philippe Ducret, gérant de portefeuille chez Lazard Frères Gestion et responsable du fonds Objectif Patrimoine Croissance ; Rose Ouahba, responsable de la gestion obligataire chez Carmignac Gestion et co-gérante du fonds Carmignac Patrimoine et Joël Reuland, responsable des actions internationales chez Banque de Luxembourg et gérant de fonds d’actions internationales et de fonds d’allocation dont le BL-Global 75.

Les obligations : une « bulle confortable »

Bulle. C’est Philippe Ducret qui a prononcé le mot. S’il considère les marchés obligataires plus ou moins surévalués en fonction des segments, il ne se montre pas excessivement inquiet pour autant sur les marchés financiers.

Il pense en effet que c’est une « bulle confortable » qui n’éclatera que très lentement : pour lui, les taux américains ne devraient pas remonter avant le second trimestre 2015, et pas avant deux ou trois ans pour les taux européens.

Dans ce contexte, il a réduit la partie obligataire de son portefeuille à sa portion congrue pour amortir d’éventuels chocs. Ce relatif optimisme n’est pas du tout partagé par Joël Reuland qui considère quant à lui que les marchés financiers sont manipulés par les politiques ultra-accommodantes des banques centrales. Les obligations sont pour lui clairement surévaluées et présentent peu d’intérêt compte tenu de son approche qui repose sur une analyse rigoureuse des valorisations.

Dans son portefeuille, il conserve néanmoins un peu de dette souveraine des Etats qu’il considère comme les plus sûrs , l’Allemagne et les Etats-Unis, parmi les seuls actifs à ses yeux à même de résister en cas d’accès de volatilité.

Vue diamétralement opposée chez Carmignac Gestion où Rose Ouahba est vendeuse nette d’emprunts d’Etat américains car elle anticipe une remontée des taux outre-Atlantique. Pour elle, les obligations européennes ne sont pas nécessairement surévaluées.

En Italie et en Espagne par exemple, elle considère qu’il reste du potentiel et que le niveau bas des taux reflète une situation de croissance et d’inflation durablement faibles. Sur le crédit, si elle a pris ses profits sur le haut-rendement américain, elle reste convaincue du potentiel d’appréciation de certains titres subordonnés bancaires qui devraient continuer à profiter de l’assainissement des bilans des banques.

Les actions sont la classe d’actifs privilégiée

L’exposition de Carmignac Patrimoine au marché actions est proche de son maximum autorisé par son prospectus de 50%. Parmi les thèmes d’investissement privilégiés par les gérants de la place Vendôme, la croissance américaine arrive en tête.

Les entreprises cycliques sont donc largement favorisées, y compris les banques pour tirer profit de la reprise attendue du crédit. En Europe, leur sélection de valeurs se concentre sur les entreprises capables de résister à la baisse de l’inflation ainsi que sur celles qui pourraient bénéficier de la baisse de l’euro.

Les pays émergents restent un thème de prédilection selon Rose Ouahba, notamment dans les pays qui ont mis en œuvre des réformes structurelles à l’instar du Brésil et de l’Inde. Pour Philippe Ducret, c’est l’Europe qui offre le plus de potentiel sur les marchés actions. Il a souligné lors de la conférence l’attractivité de certaines grandes valeurs européennes «internationales », à l’instar de L’Oréal et Essilor qui réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaire en dehors d’Europe.

Compte tenu de son inquiétude sur les marchés obligataires, Joël Reuland couvre quant à lui une partie de son portefeuille actions afin de se prémunir contre une montée brutale de l’aversion au risque.

Il ne réalise pas d’allocation géographique a priori mais sélectionne chaque action sur la base de sa valorisation et de l’existence d’avantage compétitif durable, rejoignant ainsi dans une certaine mesure la sélection de valeurs de Philippe Ducret. Leurs portefeuilles affichent en effet quelques paris communs tels que Novartis ou Air Liquide.

Du dollar ……et de l’or !

Le seul consensus qui ce soit dégagé de cette table ronde concernait les devises, mais pour des raisons variées et joué de façon différente dans les portefeuilles. Les trois gérants se sont en effet accordés sur une probable continuation de l’appréciation du dollar.

Chez Banque de Luxembourg, le dollar est surtout privilégié pour son statut de monnaie de refuge, une position prudente complétée par des certificats sur l’or physique. Chez Lazard, en plus d’une petite exposition au dollar, Philippe Ducret mettait en avant sa sélection de valeurs européennes, tournée vers les valeurs exportatrices, une manière indirecte de profiter de la baisse de l’euro.

Pour Rose Ouahba, la hausse du billet vert ne fait aucun doute et plus de la moitié des actifs du fonds Carmignac Patrimoine sont libellés en dollar. Elle indiquait quant à elle préférer le yen pour son statut de valeur refuge, et nous a par ailleurs informé avoir soldé totalement son exposition à la livre sterling compte tenu des incertitudes qui pesaient sur l’issue du référendum de l’indépendance de l’Ecosse.

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A propos de l'auteur

Thomas Lancereau, CFA

Thomas Lancereau, CFA  Directeur de l'Analyse des Fonds, Morningstar France