Pourquoi les femmes sont-elles peu représentées dans l’industrie financière ?

L'écart de performance n'est pas un facteur explicatif, selon une étude Morningstar conduite par Madison Sargis et Kathryn Wing.

Morningstar 08.03.2018

Une étude de Morningstar estime que la performance des fonds gérés par des hommes ou des femmes est similaire. Il en va de même pour les équipes de gestion mixtes.

Cela n’explique pas la faible présence des femmes dans l’industrie de la gestion d’actifs, ni le fait qu’au dernier pointage réalisé par Morningstar, leur présence a même eu tendance à reculer.

Morningstar a commencé à étudier de manière plus approfondie le facteur du genre depuis 2015, analysant le pourcentage de femmes dans les postes de gérant de fonds, pour découvrir que les femmes sont largement sous-représentées, non seulement dans l’absolu mais relativement à d’autres professions intellectuelles comme le droit ou la médecine.

A partir de la base de données sur les Etats-Unis, l’étude actualisée a cherché à comprendre pourquoi la présence des femmes dans l’industrie de la gestion d’actifs a tendance à reculer et si les performances des fonds gérés par des femmes par rapport à ceux gérés par des hommes était l’une des raisons.

La tendance à la sous-représentation des femmes dans l’industrie est clairement illustrée dans les deux graphiques suivants :

Aux Etats-Unis, la gestion active représente un encours de près de 10.000 milliards de dollars. Depuis 1990, le nombre de gérants actifs est passé de 1.900 à 8.500 (fonds actions et obligations). Les graphiques précédents montrent que les hommes ont capté 85% à 90% des postes créés depuis 1990. Au cours de cette période, on a dénombré autant de départs que d’entrées de femmes à des postes de gestion de portefeuille.

Sur une période plus récente toutefois, le nombre d’hommes à des postes de gestion a plutôt eu tendance à reculer.

La surreprésentation des hommes est-elle due à une capacité à dégager des performances supérieures aux femmes ?

Pour répondre à cette question, nous avons conduit des régressions sur différents échantillons (fonds et gérants, mais également les catégories - actions, obligations), et en regardant l’écart de performance entre les fonds et leur moyenne de catégorie.

Le tableau suivant résume les résultats d’une régression de type Fama-MacBeth sur la performance par genre. Il montre qu’il n’y a pas d’écart significatif entre la performance des fonds gérés par des hommes ou des femmes.

L’analyse montre même que l’écart de performance n’est pas non plus significatif pour des équipes mixtes.

Quelques tendances intéressantes émergent cependant.

Depuis 2003, les fonds obligations gérés exclusivement par des femmes ont enregistré une performance cumulée de 4,23% (0,23% annualisé), supérieure à la moyenne de catégorie. Le gros des gains ont été produits pendant la crise financière et les trois années qui ont suivi, alors qu’au cours de cette période, le nombre de fonds obligataire géré par des femmes n’a cessé de diminuer.

Quoi qu’il en soit, l’analyse montre clairement qu’il n’y a pas d’écart de performance significatif entre hommes et femmes sur les résultats des fonds gérés.

D’autres analyses plus approfondies de cette question sont proposées dans l’étude de Morningstar (étude d’événement) et aboutissent aux mêmes conclusions.

Si les femmes font légèrement mieux que les hommes dans la gestion obligataire, elles font légèrement moins bien dans la gestion actions. Mais l’écart de performance est infime quelle que soit la catégorie considérée, ne permettant pas de conclure à un effet « genre » dans la surperformance de la gestion de fonds actifs.

 

L’intégralité de l’étude est disponible en cliquant sur ce lien.

Lien vers la journée internationale des droits des femmes (page des Nations Unies)

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