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Etats-Unis : qu’attendre en 2017 ?

Les attentes sont élevées. Morningstar prévoit une croissance réelle du PIB américain de 1,9%.

Robert Johnson, CFA 03.01.2017

Les espoirs des investisseurs ont pris une dimension nouvelle sur la dernière partie de l’année 2016. L’optimisme, qui s’appuie sur l’espoir de politiques budgétaires expansionnistes, considère que la croissance de l’an passé a été une anomalie et que la situation s’améliorera en 2017.

L’an dernier, à la même époque, un sondage du Wall Street Journal, montrait que les économistes attendaient pour l’année une croissance moyenne de 2,6% du PIB américain. Elle n’aura été que de 1,6%. L’année d’avant, l’espoir était celui d’une accélération de la croissance à 3,3%. Cette dernière ne fut que de 2,6%, mieux mais toujours en-deçà des attentes initiales.

Cette année, le marché attend une croissance du PIB américain de 2,4%. Notre prévision est de 1,9%.

La consommation domine

Le tableau qui précède montre la décomposition du PIB et la contribution de ses principales composantes. Il montre le poids de la consommation dans la croissance du PIB depuis 2014.

La consommation a joué un rôle majeur au cours des trois dernières années, en particulier en 2014 et 2015 quand la croissance des salaires était plus rapide que l’inflation. Cette situation est en train de changer, en raison notamment du rebond du prix des matières premières. Les salaires réels et le revenu disponible pourrait de nouveau souffrir en 2017 si l’inflation accélère.

Nous pensons que l’inflation salariale devrait être aidée par le manque de main d’œuvre dans certains pans de l’économie, mais l’inflation globale pourrait accélérer et éliminer les gains salariaux.

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Les investissements pourraient légèrement repartir

Avant 2014, le rebond depuis les points bas marqués par la récession avait fait de l’investissement élément moteur de la reprise. Depuis, l’investissement a sensiblement ralenti pour un ensemble de raisons, en particulier le ralentissement de la croissance économique et les difficultés du secteur de l’énergie.

Les investissements en logiciels et solutions informatiques se sont toutefois bien comportés, les entreprises ayant besoin d’accroître leur présence dans le « cloud » et dans la gestion des bases de données (« big data »). Ce facteur devrait continuer de jouer favorablement en 2017. Si notre prévision de croissance pour 2017 est trop basse, c’est en partie en raison de la composante investissement.

Les stocks ne devraient plus jouer négativement

Après avoir eu un effet dépressif sur l’activité en 2016 (-0,4 point de pourcentage selon notre estimation), les variations de stocks devraient retrouver une évolution plus normale et ne devraient pas avoir d’impact majeur sur l’activité économique.

Toutefois, il nous semble qu’un minimum de prudence est nécessaire, au regard en particulier du niveau élevé du stocks automobiles, qui doivent être réduits de manière significative. Si nous nous trompons sur notre prévision de variation des stocks, l’explication viendra le plus probablement de la situation du marché automobile.

Et Trump dans tout ça ?

Notre scénario central ne prend en compte aucun impact lié à l’élection de Donald Trump. Nous pensons que la mise en œuvre des politiques qu’il a évoquées prendra plus de temps que ce que prévoit le marché.

Certains prévisionnistes intègrent d’ores et déjà des effets positifs liés aux mesures fiscales, réglementaires et de soutien de l’activité dans leurs prévisions. Mais la plupart du temps ils oublient de prendre en compte les effets négatifs de telles mesures.

Ces effets négatifs pourraient être la baisse de la croissance des exportations, une diminution de l’immigration (et de la croissance de la population active), une baisse des aides médicales, une hausse de l’inflation (résultante d’une stimulation d’une économie proche du plein emploi), et une hausse des taux d’intérêt (du fait de déficits budgétaires plus élevés et de l’inflation).

Nos prévisions s’appuient sur les tendances de long terme de l’économie, qui se sont mises en place au cours du temps. L’impact de nouvelles mesures (généralement fournies par le CBO) seront intégrées dans notre scénario central au fil du temps.

Nos prévisions pour l’économie américaine

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A propos de l'auteur

Robert Johnson, CFA  Robert Johnson, CFA, is director of economic analysis with Morningstar.