Pourquoi les actions françaises atteignent-elles des niveaux record ?

Comment expliquer la capacité des actions françaises à faire mieux que le reste de l'Europe sur le long terme ?

Jocelyn Jovène 04.06.2024
Facebook Twitter LinkedIn

france

Comme de nombreux marchés d’actions dans le monde, les actions françaises ont récemment atteint un record historique. L’indice CAC 40 a atteint un record de 8.259 points le 15 mai. L’indice Morningstar France l’a atteint à 4.417 points le 12 mai.

Les raisons de cette progression des actions françaises sont d'au moins deux ordres:

  • Une contribution significative des actions "qualité" et "croissance", avec des biais sectoriel marqué (luxe, consommation courante);
  • L'impact plus marqué de la croissance soutenue des résultats de ces entreprises qui a dominé, tandis que l'effet "valorisation" n'a été que marginal.

 

La surperformance des actions françaises est flagrante dès que l'on considère des horizons d'investissement de plus de 3 ans, comme le montre le graphique suivant.

Pour comprendre quelles en sont les raisons, nous avons analysé ce qui explique la surperformance des actions françaises au cours des 10 dernières années et quelles actions ont le plus contribué à cette surperformance.

Pour ce faire, nous avons considéré séparément la contribution individuelle des titres, l'impact des valorisations et l'effet de la hausse des bénéfices.

10 actions se démarquent

Entre janvier 2014 et avril 2024, l’indice Morningstar France a progressé de 131%. Le tableau qui suit montre quelle a été la part des 10 actions ayant le plus contribué à cette hausse.

Si l’on tient compte de la pondération dans l’indice Morningstar France, les plus fortes contributions à la hausse durant un peu plus de 10 ans ont été apportées par les actions LVMH, puis TotalEnergies, L’Oréal, Schneider Electric, Air Liquide, Airbus, Vinci, puis AXA, Sanofi et BNP Paribas.

Une contribution modeste de la valorisation

Pour analyser cette contribution, on peut décomposer la performance de chaque titre ou d’un indice entre l’effet valorisation – comment le marché apprécie la qualité et la croissance des résultats de chaque entreprise, à travers un indicateur de valorisation (nous avons retenu le ratio cours/juste valeur estimée) – et l’impact de la hausse des bénéfices de chaque entreprise.

Il semble tout d’abord que l’effet de valorisation n’a pas joué un rôle majeur dans la progression du cours de Bourse des sociétés. Comme l’illustre le graphique suivant, les 10 principaux contributeurs à la hausse du marché actions français ont connu des hauts et des bas en termes de valorisation et ne se traitent pas avec une prime significative.

L’analyse d’un indicateur plus familier comme le ratio P/E à 12 mois de l’indice français large comme le SBF 120 conduit à une conclusion similaire, même si la prime de valorisation des 10 principaux contributeurs s’est accrue ces dernières années.

Une croissance des bénéfices plus rapide

Si l’on se penche sur l’évolution des bénéfices de ces entreprises, ce facteur semble avoir joué un rôle plus déterminant dans la performance des principaux contributeurs à la hausse de l’indice Morningstar France depuis janvier 2014. Nous avons utilisé les données du consensus qui donnent une vision plus large du potentiel de croissance bénéficiaire des actions françaises dans leur ensemble.

Là encore, la raison de cette « surperformance » en termes de croissance des résultats peut s’expliquer par les secteurs d’activité dans lesquels évoluent ces entreprises, et surtout leur positionnement concurrentiel propre.

Plusieurs de ces entreprises sont des leaders ou co-leaders de leur secteur d’activité, affichent des taux de croissance supérieurs à celui de l’économie mondiale et génèrent une profitabilité élevée et un cash flow libre en augmentation.

Ces caractéristiques sont synthétisées pour la plupart de ces entreprises dans l’attribution d’un rempart concurrentiel (« Moat »), étendu ou étroit, mais qui assure à ces entreprises une rentabilité du capital duablement supérieure au coût de leurs ressources, ce qui justifie également la prime de valorisation dont ces titres bénéficie.

 

© Morningstar, 2024 - L'information contenue dans ce document est à vocation pédagogique et fournie à titre d'information UNIQUEMENT. Il n'a pas vocation et ne devrait pas être considéré comme une invitation ou un encouragement à acheter ou vendre les titres cités. Tout commentaire relève de l'opinion de son auteur et ne devrait pas être considéré comme une recommandation personnalisée. L'information de ce document ne devrait pas être l'unique source conduisant à prendre une décision d'investissement. Veillez à contacter un conseiller financier ou un professionnel de la finance avant de prendre toute décision d'investissement.

Facebook Twitter LinkedIn

Valeurs citées dans l'article

NomValeurVariation (%)Notation Morningstar
Air Liquide SA162,88 EUR-0,86Rating
Airbus SE148,58 EUR-0,12Rating
AXA SA30,56 EUR-1,23Rating
BNP Paribas Act. Cat.A59,33 EUR-1,30Rating
L'Oreal SA440,65 EUR-0,45Rating
Lvmh Moet Hennessy Louis Vuitton SE717,30 EUR0,52Rating
Sanofi SA87,62 EUR-0,56Rating
Schneider Electric SE226,50 EUR-1,18Rating
TotalEnergies SE61,77 EUR-0,87Rating
Vinci SA101,80 EUR-0,59Rating

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.