Réduire le risque carbone pour améliorer la performance financière

Évaluer l’impact que le carbone peut avoir sur la valeur d’une entreprise et étudier les investissements par ce prisme peut permettre de générer de meilleurs rendements.

Dan Lefkovitz 04.03.2020
Facebook Twitter LinkedIn

Sustainable cities wide

L’urgence climatique se fait de plus en plus pressante et la réduction des émissions de CO2 pour limiter le réchauffement planétaire est un objectif largement partagé.

Plusieurs stratégies actives et passives sont d’ores et déjà axées sur une exposition faible en carbone. Mais, en général, l’approche est axée sur « l’empreinte carbone », un point de départ intéressant mais intrinsèquement limité.

Les données relatives aux émissions de carbone au niveau des entreprises sont imparfaites, car elles manquent de contexte et ne permettent pas de comprendre l’impact sur l’activité ou la stratégie de l’entreprise pour gérer le risque.

La famille d’indices Low Carbon Risk de Morningstar adopte une démarche différente : les dix indices qui la composent mettent l’accent sur des entreprises en phase avec la transition vers une économie sobre en carbone. Elle s’appuie sur la notation carbone de Sustanalytics, une méthode unique qui évalue la capacité d’une entreprise à survivre et prospérer dans un monde moins dépendant aux énergies fossiles.

Ces indices font la part belle à la faible exposition au carbone, mais aussi aux entreprises dotées de caractéristiques intéressantes pour un investisseur. La conscience environnementale n’est donc pas préjudiciable aux rendements, et peut même se révéler porteuse.

Les investisseurs doivent s’intéresser au risque carbone

Élévation du niveau de la mer, intensification des sécheresses, des inondations, des ouragans et des vagues de chaleur : les effets concrets du réchauffement climatique sont une menace existentielle. Et leurs coûts sont exorbitants.

De l’immobilier à l’assurance, nombreuses ont été les entreprises à ressentir l’impact de la saison des ouragans en 2017.

Les investisseurs doivent également tenir compte du « risque de transition ». Alors que le monde réduit sa dépendance aux énergies fossiles, des secteurs tels que le pétrole ou le charbon sont déstabilisés par les politiques, les réglementations, les nouvelles technologies et les nouvelles habitudes de consommation.

Les entreprises très génératrices de carbone (les groupes industriels par exemple) doivent s’adapter. Pour dire les choses simplement : certaines entreprises sont en capacité de survivre et de prospérer dans une économie sobre en carbone, et d’autres ne le sont pas.

La notation carbone évalue l’intensité de la menace que le changement climatique et la transition énergétique font planer sur la valeur des entreprises. La santé ou la technologie sont moins menacées. Pourtant, les secteurs très consommateurs d’énergies fossiles peuvent gérer leur risque carbone.

Sustainalytics considère ainsi que, grâce à ses réserves de gaz naturel et ses efforts pour améliorer son efficacité énergétique, le géant pétrolier et gazier Total est moins risqué que ses concurrents ExxonMobil, PetroChina ou Rosneft. Alcoa, producteur d’aluminium fortement émetteur de C02, prend des mesures admirables pour gérer le risque carbone.

Il réduit ses émissions, utilise l’énergie thermique renouvelable islandaise et propose des produits en aluminium recyclé.

Améliorer la performance des investissements

La famille d’indices Low Carbon Risk de Morningstar cherche à réduire l’exposition au carbone en conservant un profil rendement/risque proche de celui du marché. L’indice le plus diversifié, le Global Markets Low Carbon Risk, affiche un risque carbone 20% moins élevé que sa version classique, le Morningstar Global Markets Large-Mid Cap, et une intensité en carbone 30% inférieure.

L’intensité en carbone mesure l’empreinte carbone actuelle d’une entreprise en évaluant ses émissions de gaz à effet de serre par million de dollars de chiffre d’affaires. L’indice est donc moins exposé au carbone, en termes actuels comme prospectifs.

En outre, l’indice Global Markets Low Carbon Risk de Morningstar surperforme légèrement son homologue classique, avec une volatilité plus faible sur la base d’une simulation d’historique : de quoi contrer l’idée répandue qui veut que la durabilité se fasse au détriment de la performance.

Les caractéristiques des composantes des indices constituent un autre point fort. D’après le modèle de risque mondial de Morningstar, celles de l’indice Global Markets Low Carbon Risk ont, en général, des bilans plus sains et des avantages concurrentiels (« moats ») plus importants que le marché, tout en étant également plus liquides.

Sur des périodes plus courtes, la performance relative des indices fluctue, mais leur exposition aux facteurs corrélés à une expérience investisseur positive à long terme ne se dément pas.

Le filtrage des fonds et des indices en fonction des critères ESG permet généralement d’obtenir de bons résultats en termes de qualité, de santé financière et de volatilité.

Les entreprises qui s’adaptent à une économie sobre en carbone sont gérées de façon stratégique, préférant une viabilité pérenne aux résultats du prochain trimestre. L’analyse des indices Low Carbon Risk de Morningstar révèle que l’écologie peut être bonne pour les affaires.
 

© Morningstar, 2020 - L'information contenue dans ce document est à vocation pédagogique et fournie à titre d'information UNIQUEMENT. Il n'a pas vocation et ne devrait pas être considéré comme une invitation ou un encouragement à acheter ou vendre les titres cités. Tout commentaire relève de l'opinion de son auteur et ne devrait pas être considéré comme une recommandation personnalisée. L'information de ce document ne devrait pas être l'unique source conduisant à prendre une décision d'investissement. Veillez à contacter un conseiller financier ou un professionnel de la finance avant de prendre toute décision d'investissement.

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Dan Lefkovitz

Dan Lefkovitz  Dan Lefkovitz is strategist for Morningstar’s Indexes group. He produces research regarding Morningstar’s indexing capabilities.