Nous rencontrons des difficultés pendant la phase d’enregistrement. Merci de bien vouloir patienter pendant que nous résolvons ce problème.

Financières : évaluer l’impact du Brexit

Le Brexit accroît l’incertitude autour du seteur financier en Europe, selon Michael Wong de Morningstar.

Stephen Ellis 08.07.2016
Facebook Twitter LinkedIn

Le Brexit aura de vastes implications pour les financières en Europe. Nous devrions abaisser l’estimation de juste valeur de plusieurs banques britanniques telles que Barclays, RBOS, Lloyds et allons revoir celle de Santander, qui est exposée au marché britannique. Notre évaluation de la tendance de l’avantage concurrentiel de ces établissements pourrait être revue également.

Nous nous attendons à ce que le secteur bancaire britannique et européen soit confronté à une phase de volatilité et d’incertitude à l’avenir, le Royaume-Uni devant renégocier les termes de son accord avec les autres pays de l’Union européenne tout en défaisant des accords, le tout sur fond de crise politique majeure dans le pays.

Nous pensons en outre que d’autres pays comme l’Ecosse pourraient demander leur indépendance, ce qui serait une source d’incertitude supplémentaire pour les établissements basés dans le pays.

Le Brexit aura des implications à court terme pour les banques britanniques. Nous anticipons une augmentation du coût de financement des banques, un ralentissement sensible de la production de prêts et une chute des commissions des activités de banque d’affaires.

Les opérations de gestion d’actifs et de trading vont être impactées par le regain de volatilité sur les marchés financiers. D’autres banques internationales, comme JPMorgan, pourraient subir des coûts en millions de dollars pour redéployer leurs personnels dans d’autres zones et poursuivre ainsi leur activité de marché.

Nous pensons qu’il y a des risques significatifs pour Barclays et RBOS, qui ont d’importantes activités de banque de financement et d’investissement et se financent sur les marchés.

Pour les banques américaines, notre sentiment est que le Brexit aura plus un effet lié à l’impact macro-économique pour le Royaume-Uni que sur l’organisation des opérations.

Notre compréhension de la situation à ce stade est que la réponse la plus simple est l’ouverture de filiales dans l’Union européenne pour continuer de bénéficier des mêmes privilègres que lorsqu’elles étaient implantées au Royaume-Uni.

Un effort pourrait être requis en termes de capital pour répondre aux besoins réglementaires, et des coûts associés pourraient être supportés, mais dans l’ensemble cela reste gérable.

Ce qui est plus matériel à moyen et long terme relève plus des effets macro-économiques. L’incertitude actuelle a conduit les banques centrales à tenir un discours rassurant. Les sociétés exposées à une remontée des taux (courtiers) vont devoir attendre un peu plus longtemps avant d’en bénéficier.

Les entreprises ayant des résultats libellés en devises européennes vont subir un effet de translation défavorable (25% du revenu de Goldman Sachs et 15% de celui de Morgan Stanley sont réalisés en Europe).

Les activités de gestion de fortune vont être pénalisées par le regain de volatilité sur les marchés et l’évolution des parités monétaires. Les opérations d’émissions de titres seront elles aussi pénalisées. A l’inverse, la volatilité accroît les volumes de transactions, ce qui sera favorable pour les opérateurs de Bourses.

Les gérants d’actifs américains sont moins exposés au risque lié au Brexit que les acteurs européennes ou britanniques. Même si la plupart des acteurs ont été surpris par les résultats du référendum britannique, nous ne pensons pas revoir de manière drastique nos estimations de juste valeur.

Sur le long terme, nous pensons que les financières britanniques seront les plus impactées, en raison d’une moindre croissance économique dans le pays. Nous nous attendons à ce que des plans de réorganisation soient mis en place, rendant la situation plus compliquée pour les banques.

Le Brexit a relancé les inquiétudes sur l’état du système bancaire européen. Là encore nous pensons  que l’impact pour les banques que nous couvrons – Société Générale, Unicredit, Intesa Sanpaolo – vont se traduire par une augmentation des coûts et une croissance plus faible, ce qui, pour des établissements n’ayant pas assez de fonds propres est assez préoccupant.

Toutefois, si d’autres pays devaient à terme quitter l’Union européenne, nous pensons que le regain de volatilité serait bénéfique pour des acteurs tels que les opérateurs de Bourse, les courtiers et les fournisseurs d’information financière.

Plus de pays ayant leur propre devise et leur propre autorité financière augmenterait le volume des transactions sur les marchés de devises et sur d’autres marchés financiers (taux d’intérêt).

Nos trois idées d’investissement dans le secteur :

Synchrony Financial

La récente correction des valeurs bancaire après la décision de la Fed de ne pas relever ses taux directeurs cette année offre l’occasion d’acheter le titre de ce fournisseur de carte en marque blanche avec une décote significative. Les investisseurs ne comprennent pas bien le modèle de Synchrony qui est à la fois la fourniture de titres de paiement et la collecte d’information sur ses souscripteurs ainsi que pour les commerçants. Nous pensons que la société devrait connaître une phase de croissance durable et soutenue. Les créances douteuses sont limitées à 4-5% et sont contrebalancées par des marges d’intérêt élevées. Nous pensons que le marché surestime le risque de crédit sur le titre.

Citigroup

En quelques années, la direction de la banque a réduit de manière significative plusieurs postes de coûts (personnel, loyers) tout en accroissant les fonds propres de 42 milliards de dollars. Le titre cote pourtant au niveau de 2011. Nous pensons que Citigroup devrait bénéficier de la reprise du marché de l’immobilier au cours des trois prochaines années. Les facteurs de risque liés aux matières premières et aux émergents nous semblent également gérables. La banque devrait être en mesure de faire croître ses résultats de manière significative ainsi que le niveau de distribution des dividendes.

Commerzbank

Commerzbank a connu un premier trimestre décevant, et a indiqué que ses objectifs financiers pour 2016 seraient difficiles à atteindre. La banque a fait face à plusieurs vents contraires pendant le trimestre. La volatilité des marchés a pesé sur son activité de marché. La division Mittelstandsbank a subi un ralentissement de la demande de prêts, des taux d’intérêt négatif qui ont pesé sur la marge sur dépôt et une concurrence intense, le tout conduisant à une contraction des profits de 364 à 209 millions d’euros.

La banque tente de convaincre ses clients de placer leurs dépôts excédentaires ailleurs et impose des frais pour ses clients professionnels et entreprises. Commerzbank a toutefois fait d’importants progrès pour se séparer de ses actifs non stratégiques et nous pensons qu’avec le mouvement de vente indiscriminé en 2016, le titre offre une opportunité attrayante en termes de prix.

 

© Morningstar, 2016 - L'information contenue dans ce document est à vocation pédagogique et fournie à titre d'information UNIQUEMENT. Il n'a pas vocation et ne devrait pas être considéré comme une invitation ou un encouragement à acheter ou vendre les titres cités. Tout commentaire relève de l'opinion de son auteur et ne devrait pas être considéré comme une recommandation personnalisée. L'information de ce document ne devrait pas être l'unique source conduisant à prendre une décision d'investissement. Veillez à contacter un conseiller financier ou un professionnel de la finance avant de prendre toute décision d'investissement.

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Stephen Ellis  Stephen Ellis is a senior stock analyst on the Energy Team.