Comparer les ETF : MSCI Japan

Nous avons analysé les différents trackers dédiés au marché boursier japonais accessibles aux investisseurs européens. 

Valerio Baselli 02.05.2016
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Le Japon, la troisième plus grande économie du monde, s’est battu pendant une bonne partie des trois dernières décennies contre les pressions déflationnistes persistantes et le fardeau de la dette publique, un contexte créé principalement par de faibles niveaux de croissance et une population vieillissante.

À la fin de l’année 2012, le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé le lancement d'un ensemble de mesures de relance budgétaire, d'assouplissement monétaire et de réformes structurelles destinées à relancer l'économie stagnante du pays. L'effet direct de ces politiques, collectivement appelées « abenomics », a été une chute brutale du yen.

Les marchés ont réagi très favorablement par la suite. L'indice MSCI Japan a bondi de 54% (en devise locale). La faiblesse du yen a eu un effet particulièrement important sur les entreprises orientées vers l'exportation, comme Toyota ou Sony, qui génèrent de 70% à 80% de leurs revenus à l'étranger. Au cours de la période février 2013 - février 2015, les actions japonaises ont surperformé les actions mondiales – mesurées par le MSCI World – de 7,1% en rythme annualisé.

La réalité, cependant, est que la croissance du PIB reste maigre et les pressions déflationnistes persistent. Voilà pourquoi, dans un effort supplémentaire plus pour stimuler la demande intérieure et promouvoir l'investissement en capital, la Banque centrale japonaise a introduit des taux d'intérêt négatifs début 2016.

Malgré la stagnation économique, le secteur industriel - très importants dans l'indice boursier domestique - est toujours l'un des plus avancés et innovants dans le monde, que ce soit dans l’automobile, les biens d’équipement (robotique) ou les technologies de l’information et la santé.

Concernant l'avenir, l'accord de libre-échange Trans-Pacific Partnership devrait être bénéfique pour l'économie japonaise, avec en contrepartie des changements majeurs dans certaines des industries les plus protégées. En effet, d'autres mesures prises par le gouvernement comprennent l'amélioration de la flexibilité et la productivité de la main-d'œuvre, qui est entravée par la sécurité à long terme d'emploi, les salaires fondés sur l'ancienneté, la participation limitée des femmes à la population active, et les syndicats d’entreprise.

L’indice

Le MSCI Japan est conçu pour mesurer la performance des segments de grande et moyenne capitalisation du marché boursier japonais. Avec 300-325 titres, le benchmark couvre environ 85% de la capitalisation boursière ajustée par le flottant. Les composants doivent répondre à des critères minimaux pour la liquidité et les restrictions à la propriété étrangère. L'indice est bien diversifié dans toutes les industries. Actuellement, les plus grandes expositions sont vers les actions cycliques de consommation (environ 20%), l’industrie (environ 18%) et les services financiers (12%). Au niveau d’entreprises, Toyota est au sommet avec une pondération de 5%, suivie par Mitsubishi UFJ Financial Group (2%). Tous les constituants restants sont inférieurs au 2%.

L’offre européenne

Pour les investisseurs du Vieux Continent, 14 fonds passifs côtés offrent une exposition directe au MSCI Japan, y compris également des variantes « SRI ». Ci-dessous un focus sur ceux qui sont couverts par la recherche qualitative de Morningstar. 

ETF MSCIJap

Le fonds iShares Core MSCI Japan IMI UCITS ETF (EUR) utilise la technique de réplication physique optimisée pour reproduire les performances de l’indice. Concrètement, l’ETF acquiert un ensemble de titres choisis de manière à créer un portefeuille suffisamment similaire à celui de l'indice de référence, mais avec un nombre inférieur de composants, de manière à optimiser les coûts de transaction. iShares peut effectuer des prêts de titres (jusqu'à 100% du portefeuille). En ce sens, BlackRock, sa maison-mère, agit en tant que gestionnaire de placements. Les opérations de prêt sont couvertes par une garantie, représentée par un panier conforme aux règles UCITS, dont la valeur (calculée sur une base quotidienne) est supérieure à celle des titres prêtés. Les revenus provenant des prêts de titres sont répartis sur une base 62,5/37,5 entre l’ETF et BlackRock. Le fonds a prêté 16,28% en moyenne, avec un maximum de 39,87% au cours de 2015, générant 0,04% de rendement. Les frais annuels sont de 0,20%, parmi les plus faibles de la catégorie.

L’iShares MSCI Japan UCITS ETF (Dist) utilise aussi la technique de réplication physique optimisée et peut effectuer des prêts de titres jusqu'à 100% du portefeuille. Cet ETF, cependant, affiche des frais de 0,59%.

Le fonds db x-trackers MSCI Japan Index UCITS ETF (DR) 1C (EUR) suit l'indice grâce à une réplication physique complète. Le fonds effectue des prêts de titres pour aider à améliorer le suivi des performances, dont les revenus bruts sont divisés à hauteur de 70/30 entre le fonds et Deutsche Bank AG, qui sert d'agent de prêt. Bien que cette activité puisse aider à compenser entièrement les coûts de possession, cela expose potentiellement les investisseurs au risque de contrepartie. Pour protéger le fonds, il est demandé aux emprunteurs de fournir une garantie supérieure à la valeur du prêt. En règle générale, pas plus de 50% des actifs du fonds ne peuvent être prêtés à un moment donné. Les frais annuels de 0,50% sont supérieurs à la moyenne de catégorie.

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A propos de l'auteur

Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste chez Morningstar Italie.