Niveau record de cash dans les allocations

Il est temps de se réexposer aux actifs risqués, selon les stratégistes de Bank of America Merrill Lynch.

Jocelyn Jovène 16.02.2016
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Retour vers le futur : le niveau de cash dans les allocations d’actifs des investisseurs internationaux a retrouvé son niveau de novembre 2001, selon la dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch. Pour les stratégistes de la banque, il s’agit incontestablement d’un signal d’achat.

Pourtant, en l’espace d’un mois, le pourcentage d’investisseurs qui surpondère les actions dans leur allocation a chuté de 5 points de pourcentage à 21%. « Il faut toutefois se rappeler que les grands points d’entrée dans le cycle (2002, 2009, 2011) sont apparus après que les investisseurs sont passés sous-pondérés sur les actions », relèvent les stratégistes de la banque dans une note datée du 16 février.

Cette vue est en partie justifiée par la révision en baisse des prévisions de croissance pour l’économie mondiale. Pour la première fois depuis juillet 2012, les anticipations de croissance du PIB et des profits des entreprises sont devenues négatives.

Dans cet environnement « risk off », 20% des investisseurs sondés pensent que le rendement à 10 ans des obligations va baisser dans les 12 prochains mois (ce pourcentage était de 4% en juillet 2015).

Pourtant, une fois encore, les stratégistes de la banque américaine estiment que les résultats de l’enquête n’illustrent pas de « panique » généralisée ou de « capitulation ». Celle-ci ne serait visible que dans certains segments de la cote (dollar, Europe, Japon, technologie).

Les positions vendeuses sur le pétrole et les émergents et acheteuses sur le dollar sont les paris les plus joués, une constante depuis plusieurs mois maintenant.

Autre enseignement intéressant de l’enquête : la proportion d’investisseurs voyant un risque de récession dans les 12 mois a augmenté de 12% le mois dernier à 19% actuellement. Logiquement, une la proportion d’investisseurs qui anticipaient 3 hausses de taux cette année a chuté de manière dramatique. Celle de ceux qui ne voient plus de hausse cette année a nettement progressé.

Les autres facteurs de risque identifiés par les investisseurs incluent la Chine – 71% des investisseurs pensent que la croissance va continuer de faiblir dans la deuxième économie mondiale – et le risque de liquidité – une part croissante d’investisseurs considérant que les politiques monétaires sont trop restrictives.

 

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.