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La dette émergente plombée par les devises

Les perspectives de la classe d’actifs sont toujours sombres, entre détérioration des bilans des pays et risque de remontée des taux américains.

Jocelyn Jovène 18.11.2015
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Depuis le début de l’année, la performance de la dette émergente en devise locale a été pénalisée par l’effondrement des devises émergentes, l’indice GBI-EM de JPMorgan enregistrant une perte de 12,6% entre le début de l'année et mi-novembre.

La classe d’actifs continue donc de souffrir en termes absolus et en termes réels. Comme le notent les stratégistes d’UBS dans une note datée du 17 novembre, « le plus déconcertant pour les investisseurs est que la classe d’actifs a sous-performé dans des environnements de hausse des taux US (2013) mais aussi de taux en baisse ou stable (2014, 2015). »

La dette émergente en devise locale a ainsi sous-performé la dette en devise dure (dollars US et euro) chaque année depuis 2011 (graphique).

Evolution de l'indice JPMorgan GBI-EM en devise locale et en USD

Source:MorningstarDirect.

Cette tendance peut-elle s’inverser ? Pour les spécialistes d’UBS, il y a peu de chances : tout d’abord, l’évolution des devises émergentes est très incertaine l’an prochain.

Ensuite les spreads de crédit devraient s’écarter en raison de la détérioration du bilan de certains pays, ce qui pèsera sur les devises. Le niveau d’endettement de plusieurs pays émergents a eu tendance à augmenter ces dernières années, situation qui s’est aggravée avec l’effondrement du cours des matières premières (pour les pays exportateurs), l’augmentation du coût de financement en dollars (pour les pays qui empruntent à l’extérieur).

Enfin, la classe d’actifs présente un certain degré de corrélation aux bons du Trésor. Le risque devise reste toutefois particulièrement important pour la classe d’actifs. UBS calcule ainsi qu’une baisse de 5% des devises émergentes est plus importante qu’une hausse de 25 points de base des taux américains. Cette sensibilité varie toutefois d’un pays à l’autre, certains pays, comme Singapour, la République Tchèque, Corée du Sud, Israel).

Tout ceci impacte la valorisation de la classe d’actifs, mais ne crée pas forcément beaucoup d’opportunités attrayantes, surtout lorsqu’une incertitude plane encore sur la Fed.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.