Portefeuilles à faibles émissions

Mirova, société de gestion dédiée à l’investissement responsable, souligne l’importance des choix des investisseurs dans les défis environnemental et climatique.

Valerio Baselli 04.11.2015
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La lutte contre le changement climatique passe aussi par les choix de portefeuille. Le secteur financier, par conséquent, a un rôle à jouer également sur les questions environnementales.

« La transition énergétique ne pourra aboutir que si nous parvenons à mobiliser l’épargne des investisseurs privés », a expliqué mardi Hervé Guez, directeur recherche investissement responsable de Mirova, au cours d’une conférence de presse à Paris, au cours de laquelle la filiale de Natixis a présenté sa dernière étude intitulée Investir pour une économie bas carbone.

Au moment où Paris s’apprête à accueillir la COP21 en décembre, le Sommet sur le climat auquel participeront 196 pays pour tenter de parvenir à un accord universel sur un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les investissements ISR (Investissement Socialement Responsable ou « Socially Responsable Investing » en anglais) sont de plus en plus au centre des débats.

« Le succès de la COP21 dépend aussi de la faculté des sociétés de gestion à proposer des solutions qui répondent aux enjeux climatiques, tout en générant la performance attendue par les investisseurs», a continué Guez.

Voilà pourquoi les analystes de Mirova, en partenariat avec le cabinet de conseil Carbone 4, ont conçu une méthodologie pour mesurer l’impact carbone des portefeuilles d’investissement. « Pour agir contre le réchauffement climatique, la mesure de l’impact global d’une activité sur l’environnement est essentielle – a-t-il affirmé – et mesurer l’empreinte carbone est donc une étape indispensable pour la construction de portefeuilles qui contribuent à la transition énergétique».

À l'heure actuelle, selon les gestionnaires de Mirova, le secteur le plus dynamique est celui des infrastructures dédiées aux énergies renouvelables, surtout en Europe, où l’objectif déclaré est de passer de 20% à 27% d’électricité renouvelable d’ici 2030. En France, d’ailleurs, la loi de transition énergétique d’août 2015 a fixé à 32% la part d’énergie renouvelable dans la consommation finale.

Selon une étude d’Ernst & Young, 250 milliards d’euros d’investissement seront nécessaires au cours des cinq prochaines années afin d’atteindre les objectifs européens de 2020, dont 70 milliards de fonds propres.

« Il s’agit d’un marché à maturité avancée – a rappelé Raphaël Lance, directeur énergies renouvelables de Mirova – depuis cinq ans, les grands projets à dimension institutionnelle ont permis d’organiser et de structurer le secteur. » En plus, les investisseurs institutionnels dédient une part croissante de leur allocation à cette typologie d’infrastructures, avec notamment l’entrée des grands investisseurs à la recherche de rendement, comme Allianz, Munich Re, Talanx, Aviva, ainsi que des mutuelles et des fondations. « Depuis 2002, Mirova a investi dans 75 projets, dont 35 en Europe, pour une capacité totale de 1 GW », a-t-il conclu.

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A propos de l'auteur

Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste chez Morningstar Italie.