Consommation courante : une surperformance justifiée

Le segment des biens personnels et ménagers (HPC) affiche une santé éclatante en Bourse. A raison.

Jocelyn Jovène 16.10.2015
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Depuis le début de l’année, le secteur des biens personnels et ménagers (« personal and household goods » ou HPC), qui regroupe de sociétés aussi diverses que Pandora, Seb, Adidas, Bic, Beiersdorf, Unilever, L’Oréal ou British American Tobacco, enregistre la meilleure performance de l’année : il affiche depuis le 1er janvier un gain de 19,5% contre un hausse de 5,4% pour l’indice Stoxx Europe 600.

Sur les 3 mois passés, quand l’ensemble du marché plongeait de près de 10%, les biens personnels et d’entretien ménager étaient également en tête de peloton, ne reculant « que » de 2%. Aucun secteur coté n’a enregistré de performance positive durant la période.

Autrement dit, ce secteur, recherché pour ses qualités défensives et la forte visibilité des flux de trésorerie des entreprises qui le composent, a bien joué son rôle protecteur. C’est une caractéristique d’autant plus appréciable que la revalorisation en Bourse du secteur a été plutôt équilibrée.

En effet, l’on lorsqu’on analyse la hausse des cours, on se rend compte qu’elle a été quasiment alimentée à parité par la révision en hausse des prévisions de résultats et par l’appréciation des multiples de valorisation.

Il faut toutefois noter que ces multiples sont aujourd’hui particulièrement généreux : le ratio cours sur bénéfice à 12 mois s’établit aujourd’hui à 19,2x contre une moyenne historique de 15,9x. Si l’on regarde le multiple d’actif net (Price to Book), il est actuellement de 3,9x contre une moyenne historique de 3,3x, tandis que la rentabilité des fonds propres est attendue à 20,1% contre une moyenne de 19,5%.

Autrement dit, le marché n’est pas dans l’excès même si les multiples de valorisation sont élevés par rapport à la moyenne historique.

Cette valorisation généreuse peut s’expliquer par la qualité des entreprises qui composent le secteur. L’univers de la consommation courante recèle de nombreuses valeurs disposant d’un avantage concurrentiel significatif.

Au sein des 23 valeurs cotées en Europe dans le secteur et couverte par la recherche Morningstar, 9 ont avantage concurrentiel large (« Wide Moat ») et 6 un avantage moyen (« Narrow Moat »), c’est-à-dire qui assure à ces sociétés une bonne visibilité sur la génération de flux de trésorerie disponible ainsi qu’une rentabilité du capital investi élevée et durable (cf. tableau).

Or c’est justement pour ces caractéristiques que ces entreprises sont recherchées. Certes, de par leur plus forte exposition aux marchés internationaux, elles sont exposées ponctuellement à certains effets défavorables à court terme (volatilité des devises et du cours de certaines matières premières), mais sur le long terme, il s’agit d’un vivier d’investissement intéressant.

Le plus important au final pour les investisseurs est de pouvoir s’exposer à ces valeurs au bon moment, c’est-à-dire lorsque ces titres offrent une marge de sûreté conséquente, que Morningstar mesure par le ratio entre le cours de Bourse et la juste valeur estimée des titres.  

Actuellement, les 23 valeurs affichent une décote de valorisation moyenne de 4%, mais certains titres, notamment dans la distribution alimentaire (Casino, Carrefour, Delhaize, Tesco) et dans une moindre mesure les boissons (Diageo, Anheuser-Busch Inbev) ou l’alimentation (Danone, Nestlé), peuvent offrir des décotes plus importantes, parfois liées à des problèmes de court terme (cas de Nestlé ce vendredi).

Il est donc important de comprendre pourquoi ces décotes existent, ce qui peut conduire à découvrir de véritables anomalies de marché, donc des opportunités pour les sociétés les plus solides en termes de compétitivité.

 

L'univers de la consommation défensive (Morningstar)

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.