M&G : la Fed peut attendre avant de remonter ses taux

Les investisseurs obligataires devraient privilégier le haut rendement US et le crédit plutôt que les taux.

Jocelyn Jovène 08.10.2015
Facebook Twitter LinkedIn

Après la récente volatilité des marchés financiers, les gérants de M&G estiment qu’un certain nombre d’opportunités ont émergé, notamment dans l’univers du crédit. « Nous pensons que le haut rendement surperformera les obligations privées, lesquelles surperformeront les taux », a expliqué Jim Leaviss, gérant du fonds M&G Global Macro Bond.

Le niveau extrêmement bas des taux directeurs n’indique pas une situation de bulle, même si le niveau des taux intègre une vue très pessimiste des investisseurs sur les perspectives de croissance économique dans le monde.

« Il nous semble juste d’être sous-pondéré sur les taux et de préférer d’autre types d’investissement. Toutefois, ce n’est pas le moment d’être le plus pessimiste. Ce temps viendra lorsque l’inflation salariale repartira », a indiqué Jim Leaviss.

A l’inverse, la récente volatilité des marchés a conduit le gérant à accroître son exposition au crédit de qualité (« investment grade ») et à certains émetteurs haut rendement américains.

Pas de déflation

Pour le gérant, les craintes déflationnistes, qui ont contribué en partie à la baisse des taux cette année, sont exagérées, car il s’agit d’un événement très peu fréquent depuis les années 1960, et parce que les banques centrales disposent encore d’outils pour lutter contre cette menace.

A cela s’ajoutent des facteurs de soutien à l’économie mondiale, en particulier la chute des cours du pétrole. « Les phases de contrechoc pétrolier sont une aubaine pour le consommateur et l’économie », a rappelé le gérant. Dans le passé, la chute des prix du pétrole a précédé une phase d’expansion économique soutenue.

La Fed peut attendre

Dans ce contexte, le gérant n’attend pas de hausse des taux directeurs cette année. « La Fed peut attendre jusqu’en 2016 » avant de remonter ses taux, a-t-il déclaré. « Elle ne voudra le faire qu’après avoir attendu que l’économie américaine est plus solide » qu’elle ne l’est actuellement, a ajouté Jim Leaviss.

L’inflation devrait se redresser à partir de mars 2016, quand l’impact de la chute du prix des matières premières sera intégré dans les prix.

En Europe, la banque centrale pourrait prolonger son « QE » au-delà de septembre 2016 si l’inflation n’est pas en phase avec son objectif. Mais à ce stade, des facteurs positifs sont à l’œuvre, qu’il s’agisse de la confiance du consommateur ou de la distribution de crédit par les banques, qui semble repartir.

La dette émergente bientôt intéressante

Le gérant a par ailleurs estimé que la dette émergente commençait à redevenir intéressante. L’opportunité d’accroître son exposition semble proche, mais à ce stade, le gérant s’est contenté de couper des positions vendeuses.

Le marché reste très pessimiste à l’égard de la classe d’actifs, et les flux sortants sont toujours importants. Lorsque ces flux sortants se réduiront ou s’arrêteront, le gérant pourra envisager d’accroître son exposition. « Mais nous n’y sommes pas encore », a-t-il indiqué.

L’une des raisons de ce regain d’intérêt tient au pessimisme excessif des investisseurs à l’égard de la classe d’actifs, centré sur la situation économique de la Chine. Le gérant a estimé que le pays disposait encore de réserves importantes, même si elles ont récemment baissé et que la Chine disposait encore de l’arme des taux pour soutenir l’activité.

Il a par ailleurs noté que la Chine avait récemment liquidé ses réserves investis en Bund et qu’elle pourrait prochainement commencer à vendre ses bons du Trésor.

« On aurait pu s’attendre à un rallye sur les obligations pendant la correction des marchés d’août et septembre. Cela ne s’est pas produit car la Chine a profité de cette période pour céder du papier », a souligné le gérant.

 

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.