Carmignac : dollar, yen pour se protéger du « Grexit »

Le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euro a augmenté, mais un « scénario à la Lehman » semble difficile à envisager.

Jocelyn Jovène 09.07.2015
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Même s’il est pour bonne partie intégré par les marchés obligataires, le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euro, qui pourrait se matérialiser dans les prochains jours, oblige les gérants diversifiés à chercher des sources de protection.

Ceux de Carmignac Gestion ont fait le choix d’une augmentation de leur exposition aux devises, notamment dollar et devises rattachées au billet vert, et yen, pour réduire le risque de leur portefeuille. La poche actions comporte toujours une exposition importante aux secteurs défensifs, mais le risque actions a été neutralisé, ont-ils indiqué jeudi au cours d’une conférence de presse à Paris.

« Les craintes de déflation sont derrière nous, mais le risque grec menace de casser la dynamique de la reprise en zone euro », a expliqué en substance Frédéric Leroux, gérant global chez Carmignac Gestion.

Le gérant ne s’attend toutefois pas un « scénario à la Lehman » d’effondrement des marchés financiers et de crise systémique, estimant que « la Grèce n’est pas une banque », et que la BCE est là pour intervenir en cas de difficulté.

Cela étant, « la Grèce empêche de passer à la vitesse supérieure », et cela commence à impacter certains indicateurs avancés, comme l’indice IFO en Allemagne qui baisse depuis peu.

Cette problématique d’une croissance qui a du mal à repartir ou pourrait être entravée est aussi présente aux Etats-Unis. La Fed est confrontée au dilemme d’une inflation qui commence à remonter (du fait notamment de la hausse des loyers), mais d’une activité qui tarde à repartir, avec de vraies interrogations sur la dynamique du marché du travail, a indiqué le gérant.

Au sein des émergents, la situation du marché chinois, pris dans une violente correction depuis le mois de juin, n’inquiète pas outre mesure les responsables de la société de gestion. Ces derniers considèrent en effet que les autorités chinoises peuvent avoir la situation sous contrôle.

« Pékin fera tout pour éviter un risque de contagion, ce qui pourrait offrir des opportunités », a estimé Frédéric Leroux. Les équipes de gestion de Carmignac ont d’ailleurs privilégié des thèmes comme l’environnement, le développement de la classe moyenne ou l’innovation technologique pour privilégier des titres qui devraient mieux résister que l’ensemble du marché, d’après leur analyse.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.