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Comment ne pas être sous l'emprise des performances passées

Les performances passées peuvent vous conduire en erreur. Voici comment éviter les pièges classiques de l’investisseur.

Christine Benz 21.05.2015
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Cet article a été initialement publié sur www.morningstar.com en novembre 2013. Il a été revu et édité.

En Bourse, il est facile d’être désorienté par la réaction des marchés aux nouvelles macro-économiques ou micro-économiques. Le cours de Bourse flambe un jour après l’annonce d’un lourd plan de restructuration, ou au contraire, il s’effondre. La probabilité d’une hausse des taux par la Fed fait un jour monter les marchés, l’autre jour elle les fait baisser.

Le plus perturbant pour les investisseurs, ce sont les performances passés. Les régulateurs du monde entier obligent, à juste titre, à rappeler que les performances passées ne préjugent en rien des performances futures. Et pourtant, tous les investisseurs, professionnels ou non, regardent systématiquement dans le rétroviseur avant de faire la moindre prévision…

Il en va de même pour les fonds et leur sélection. Ce n’est pas parce qu’un fonds a connu une année exceptionnelle qu’il continuera cette année ou l’année suivante. Ce constat a des conséquences importantes pour la gestion de vos finances. Alors que la majorité des investisseurs cherchent des idées d’investissement parmi les fonds qui surperforment sur 5 ou 10 ans et ignorent les fonds qui sous-performent, il peut parfois être utile d’adopter une attitude opposée.

Une étude publiée dans le Magazine Morningstar a tenté de répondre à la question suivante : « est-ce que la performance passée a un pouvoir prédictif ? » En analysant les performances des fonds les mieux classés dans différentes catégories Morningsar au sein des actions américaines, Jeff Ptak de Morningstar a observé quelle était la performance de ces fonds au cours des cinq années suivantes. Il a trouvé que, selon la catégorie, seuls 10% à 20% des fonds qui surperforment restaient dans le premier quartile de leur catégorie au cours de ces cinq années. Sa conclusion : « vous aviez plus de chance de trouver un fonds qui surperformerait dans la moitié des fonds qui avaient auparavant sous-performé que dans l’autre moitié. »

Cela signifie-t-il que vous devez ignorer la performance passée dans le choix d’un fonds ? Non, pas nécessairement. La performance passée est un élément d’information qu’il est difficile d’ignorer. Mais la recherche montre qu’elle est de peu d’aide pour prédire la performance à venir d’un fonds.

Creuser un peu plus

Au-delà de la performance passée, il est intéressant d’analyser la performance sur un cycle de marché complet. Pour les fonds actions, observer quelle a été le parcours des fonds qui vous intéressent pendant les phases de crash et de rebond boursier (2008-2009) ou les périodes de forte volatilité (2011), peut s’avérer instructif.

Considérer le rôle du risque

La capacité de certains gérants de surperformer les indices repose parfois sur des paris très marqués, et donc des portefeuilles très concentrés. Pour battre les indices, il ne faut surtout pas les reproduire, mais bien s’en démarquer le plus dans la mesure du possible (ce que l’on mesure d’ailleurs par la « tracking error »).

Si un fonds parvient à surperformer son indice et sa catégorie plusieurs années de suite, il est important de comprendre pourquoi et si cela s’est fait par une prise de risque plus grande. Cela sera certainement plus utile que de se demander si le gérant est capable de continuer à faire aussi bien dans le futur.

Attention au changement de style ou de stratégie

Certains fonds mettent en avant leur capacité à battre leur indice de référence. Encore faut-il que cet indice soit cohérent avec l’univers dans lequel le gérant va chercher ses idées. Un gérant actions françaises qui sélectionne le CAC 40 comme indice à battre mais va piocher ses idées dans l’ensemble du SBF 120, et peut donc améliorer sa performance grâce à des valeurs moyennes, travestit un peu la réalité. L’investisseur doit être conscient de ces biais dans sa sélection de fonds.

Ce qui pèse sur la performance future

Si la performance passée ne dit que peu de choses de la performance future, la recherche de Morningstar a montré que les frais de gestion ont eux un pouvoir prédictif plus important. Sélectionner un fonds au « track record » exceptionnel mais avec des frais excessifs est une mauvaise idée. Il est préférable de parier sur un fonds moins exceptionnel, mais beaucoup moins cher.

Adopter un esprit « contrarien »

Si la performance passée ne dit pas grand chose de la performance future, l’inverse est vrai : un fonds dont les résultats récents sont décevants peut très offrir de belles surprises sur le long terme. Si un fonds dispose d’autres qualités – une stratégie adéquate, une équipe de gestion expérimentée, des coûts modérés – un passage à vide de court terme peut au contraire constituer un signal d’achat car cela signifie que son portefeuille a sous-performé mais peut promettre un rebond durable.

Pour trouver ce type de fonds, sélectionner avec les outils Morningstar ceux qui bénéficient d’une note des analystes positive (« Bronze », « Silver », « Gold ») mais dont les résultats récents ont déçu. Il n’y a certes aucune garantie que ces fonds surperformeront rapidement, mais en regardant les fondamentaux plutôt que la performance passée, vous pourrez peut-être découvrir d’authentiques joyaux.

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A propos de l'auteur

Christine Benz

Christine Benz  responsable des questions de finance personnelle de Morningstar.