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4 questions de base avant d'investir en obligations

Réfléchissez à toutes les variables importantes pour s’exposer à l’univers des taux et du crédit.

Christine Benz 20.05.2015
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Vous avez fait un bilan de votre allocation d’actifs et vous pensez qu’il est temps de rajouter des obligations. Mais avant de vous lancer, voici une série de questions importantes à vous poser.

Premier choix : acheter des obligations en direct ou via des fonds ?

Obligations en direct

Quel intérêt ?

Le principal intérêt de détenir une obligation en direct est d’ajuster la maturité de cette dernière à votre horizon de placement. Si vous avez acheté l’obligation d’un émetteur de très grande qualité, vous recevrez vos coupons ainsi que le principal à la maturité de l’obligation, même si les taux d’intérêt ont augmenté. Le choix de plusieurs obligations vous permet de combiner votre exposition en termes de taux et de sécurité.

Les raisons de ne pas le faire

Si le marché obligataire a quelque peu évolué, son accès est toujours très compliqué pour des investisseurs individuels. Le degré de transparence est bien moindre que celui du marché actions et il n’est pas certain que vous trouviez la bonne obligation au bon prix quand vous le voulez. A cela s’ajoute une difficulté de taille : le montant nominal à investir tend à augmenter, ce qui décourage de nombreux investisseurs particuliers à s’intéresser à la classe d’actif.

Si vous souhaitez acheter des obligations, concentrez-vous de préférence sur les titres de la plus grande qualité, les plus liquides et soyez conscient de l’ensemble des coûts et éléments fiscaux liés à la détention d’obligations.

Fonds obligataires

Quel intérêt ?

Un gérant obligataire vous offre à la fois une diversification du risque et une approche professionnelle dans l’analyse et la sélection de titres. Si un fonds peut subir des pertes lorsque les taux d’intérêt remontent, le gérant peut toujours arbitrer en faveur d’émissions plus protectrices, ou trouver du rendement sur des émissions de qualité diverses (du « triple A » au haut rendement). Les investisseurs institutionnels ont l’avantage de la taille qui leur donne accès à des souches inaccessibles aux particuliers.

Les raisons de ne pas le faire

Les frais de gestion peuvent être importants et pénaliser la rentabilité d’un investissement dans un fonds obligataire. Le risque de taux reste très important à comprendre et à garder à l’esprit, surtout dans un environnement où les taux longs peuvent avoir tendance à remonter, parfois de manière brutale.

Deuxième choix : fonds actif ou passif

Les questions que vous devez vous poser pour le choix d’un fonds obligataire sont les mêmes que pour un fonds actions.

Fonds indiciels

La gestion passive permet de s’exposer à des indices obligataires diversifiés à travers des produits peu coûteux. Compte tenu du rendement attendu d’un fonds obligataire, généralement bien inférieur au rendement total d’un fonds actions, les frais de transaction et de gestion sont d’autant plus importants.

Détenir un indice obligataire a démontré historiquement son intérêt lorsque les marchés deviennent particulièrement volatils.

Les fonds indiciels n’ont toutefois pas la même flexibilité que les fonds gérés activement, en particulier ils ne peuvent détenir de liquidités lorsque le risque de taux augmente. Certains indices ont en outre des biais de construction qui font qu’ils ne représentent pas l’intégralité de la classe d’actifs, limitant le potentiel de rendement.

Gestion active

L’intérêt d’un fonds actif est sa recherche de battre le benchmark ou de limiter le risque de hausse des taux. Certains des meilleurs fonds arrivent en outre à limiter leurs frais de gestion, ce qui permet aux gérants d’offrir des produits qui peuvent battre leur indice de référence tout en limitant la prise de risque.

Les fonds obligataires sont malgré tout plus cher que les solutions passives et les frais peuvent in fine peser sur la performance rendue à l’investisseur. Les gérants actifs sont en outre souvent contraints dans leur mandat, ce qui peut les priver d’accès à certains compartiments de marché lorsque l’environnement de taux ne leur est pas favorable. Enfin comme dans toute gestion active, le risque est celui d’adopter les mauvais choix de titres et de sous-performer durablement l’indice de référence.

Troisième choix : diversifier à l’international

Dans un environnement de taux bas, la recherche de rendement peut pousser les investisseurs hors de leurs frontières. C’est particulièrement vrai en Europe depuis l’annonce du « QE » de la BCE, même si récemment le Bund a connu un pic de volatilité.

Pourquoi diversifier à l’international ?

La diversification est le principal bénéfice d’une gestion plus globale de sa poche obligataire. Si votre fonds se couvre contre le risque de change, vous pouvez vous exposer à différents profils de croissance et de niveaux d’intérêt ou d’inflation dans différents pays du monde, ou à des risques de crédit d’entreprises dans des pays et des secteurs d’activité variés. Les fonds obligataires non couverts offrent en outre un surcroît de performance possible lié à l’évolution des devises, pour peu que l’on opère sa sélection de façon réfléchie.

Pourquoi ne pas diversifier à l’international ?

Hors de son marché domestique, le risque de change peut ajouter à la volatilité d’un placement. Sur ce plan, l’influence des politiques des banques centrales, les risques fondamentaux propres à chaque pays (rythme de croissance, d’inflation, balance courante, endettement public …) jouent pleinement et l’investisseur doit être en mesure de comprendre l’influence de ces variables sur ses choix ou sur ceux de son gérant.

Si vous faites le choix d’explorer des obligations hors de votre univers « naturel », soyez sûr de bien comprendre la stratégie du fonds que vous sélectionnez. Au-delà de l’aspect de couverture du risque de change, la performance sera liée à la diversification géographique du fonds, au choix entre obligations d’Etat ou privées. Assurez-vous aussi que les caractéristiques du fonds que vous choisissez correspondent à vos objectifs financiers et à votre profil d’investisseur.

Quatrième choix : faire des paris

Tout comme les fonds actions qui peuvent avoir des biais liés au secteur d’activité ou à la taille de société, un fonds obligataire peut avoir des biais en s’exposant plus fortement à certains compartiments du marché (en termes d’échéance, de niveau de risque …).

L’intérêt de tels biais

Le choix de certains profils d’obligations peut aider à se protéger contre des évolutions défavorables des marchés : envolée des taux d’intérêt qui pénalise les fonds à duration longue, exposition au cash en cas d’excès de volatilité, recherche de rendements à travers des obligations plus risquées (« high yield » ou dette émergente). Certains gérants peuvent aussi faire des paris longs sur des catégories d’obligations qui ont fait la preuve de leur historique de performance sur longue période.

Les limites de tels biais

Le risque d’une approche plus opportuniste est que votre fonds aura un biais directionnel qui peut vous conduire dans un sens opposé à celui du marché. Les investisseurs qui l’an dernier ont privilégié les durations courtes en prévision d’une hausse des taux s’en sont mordu les doigts car ils ont subi un coût d’opportunité élevé, les taux étant restés plus bas plus longtemps que ce qu’avait anticipé le marché.

 

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A propos de l'auteur

Christine Benz

Christine Benz  responsable des questions de finance personnelle de Morningstar.