Pas de cadeau pour les 50 ans de Berkshire Hathaway

Warren Buffett et Charlie Munger ont défendu le management de plusieurs de leurs filiales, devant une assemblée générale record par le nombre de participants.

Jocelyn Jovène 02.05.2015
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De par la multitude des sociétés qu’elle contrôle, Berkshire Hathaway est devenue au fil des ans une sorte de baromètre de l’économie américaine.

Et si l’assemblée générale qui s’est déroulée samedi 2 mai à Omaha (Nebraska) a bien été l’occasion pour 44.000 investisseurs et actionnaires de la société présidée par Warren Buffett, la session des questions-réponses (qui dure près de 5 heures) a abordé des sujets concernant l’état de l’économie américaine.

Les questions, posées par un panel de journalistes (qui sélectionnaient les questions envoyées par des actionnaires), d’analystes financiers (dont Greggory Warren de Morningstar) et d’actionnaires dans l’assistance, ont mis en avant les critiques à l’encontre de certaines filiales du groupe.

A commencer par Clayton Homes, un promoteur immobilier qui fabrique des maisons clefs en main à des prix raisonnables accusé d’avoir mal négocié certains prêts pour l’acquisition de ses habitations.

D’autres questions ont porté sur l’association de Berkshire avec 3G Capital, un fonds d’investissement brésilien qui a participé au rachat de Heinz puis à son rapprochement cette année avec Kraft, opérations qui devraient se traduire par d’importantes vagues de licenciements.

Elles ont également porté sur NetJets, compagnie de copropriété de jets privés, et dont un nombre important de pilotes étaient venus manifester quant à leur rémunération et leurs conditions de travail.

Sur toutes ces questions, Buffett et Munger ont défendu les équipes managériales et ont même estimé que changer certaines « règles » (comme le relèvement du salaire minimum) pourraient avoir des conséquences néfastes pour l’économie américaine.

Munger a souligné l’importance pour les Etats-Unis d’entretenir de bonnes relations avec la Chine et de trouver le terrain d’une confiance mutuelle.

Les deux dirigeants de Berkshire Hathaway ont également salué les prouesses de l’Allemagne, notamment la qualité de ses produits et son niveau d’innovation – Berkshire Hathaway a d’ailleurs annoncé une récente acquisition dans le pays.

« L’Allemagne a une longue tradition d’être très bonne en matière de technologie et de capitalisme… et nous admirons les Allemands. Ils font d’ailleurs moins d’heures travaillées que les Américains et produisent bien davantage », a affirmé Munger.

Buffett a d’ailleurs annoncé que dans les cinq ans qui viennent, Berkshire Hathaway ferait sans doute une nouvelle acquisition dans le pays.

Une partie des questions posées concernait, comme chaque année, la philosophie d’investissement de Buffett et Munger, la manière dont il appréhende la valeur intrinsèque d’une entreprise ou le niveau de valorisation des marchés.

Buffett a ainsi souligné que si la Bourse américaine avait atteint des records de valorisation, c’était en partie grâce au niveau extrêmement bas des taux d’intérêt.

Comme chaque année, de nombreux investisseurs ont fait le déplacement parmi lesquels des gérants réputés – on pouvait croiser Bill Ackman, Monish Prabai ou Guy Spier – des dirigeants d’entreprises, comme Virginia Rometty (patrone d’IBM) ou Bill Gates (membre du conseil d’administration de Berkshire Hathaway).

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Valeurs citées dans l'article

NomValeurVariation (%)Notation Morningstar
Berkshire Hathaway Inc Class A626 720,00 USD0,56Rating
Berkshire Hathaway Inc Class B415,00 USD0,48Rating

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.