Qu’est-ce qu’une obligation ?

Pour de nombreux investisseurs, l’obligation est synonyme de sûreté. C’est en partie vrai, mais en partie seulement.

Jocelyn Jovène 19.01.2015

Une obligation est un titre de dette émis par une entreprise, un Etat, une collectivité locale… Il lui permet d’emprunter de l’argent directement sur les marchés financiers. Le montant nominal de l’émission est appelé le « principal ». Qui dit emprunt, dit taux d’emprunt (ou « coupon ») qui sera versé aux investisseurs pendant la durée de vie de l’obligation.

L’obligation, à la différence d’une action, a une durée de vie définie dans le temps. Elle se distingue également de l’action par le versement d’un coupon, représenté par un taux d’intérêt, également connu à l’émission (alors que le dividende attaché à une action n’est pas garanti, puisqu’il fait l’objet d’une décision du conseil d’administration, validée par l’assemblée générale des actionnaires).

Le versement du coupon dépend toutefois de la santé financière de l’entreprise. Si celle-ci fait faillite, le remboursement des obligations (principal et coupon) peut être remis en question. Les investisseurs obligataires disposent de certaines garanties ou sûretés, à la différence des actionnaires qui n’ont pas la garantie de récupérer le capital investi.

Caractéristiques

Les obligations font l’objet d’une cotation, comme les actions et ont certaines caractéristiques :

-          La valeur nominale ou « valeur faciale » ou « pair » (le montant de l’obligation émise : 1.000 euros, 50.000 euros ou 100.000 euros).

-          La date d’échéance ou « maturité ».

-          Le taux « facial » qui correspond au coupon versé.

-          Le mode de remboursement (en une fois à l’échéance ou « in fine », par tranches ou jamais pour les obligations « perpétuelles »).

-          Le taux d’intérêt (fixe, variable, voire nul pour une obligation dite à « zéro coupon ») et son mode de calcul.

-          La périodicité, qui détermine la fréquence de paiement des coupons (annuelle, semi-annuelle, trimestrielle…).

-          L’existence ou pas d’options (remboursement anticipé, conversion et/ou remboursement en actions, bons de souscription…).

L’émission d’une obligation est accompagnée par la publication d’une documentation juridique que tout investisseur se doit d’examiner avant toute prise de décision.

Comme toute action, une obligation est cotée sur un marché. Sa cotation s’exprime en pourcentage du « pair » : une obligation de 1.000 euros qui se négocie à 98 (comprendre « 98% » du pair) sera vendue 980 euros (98% de 1.000 euros). Si elle sert un coupon de 5%, elle paiera donc 50 euros selon la périodicité définie. Mais si vous l’achetez à 98% du pair, son rendement réel n’est plus 5%, mais 50/980 euros, soit 5,1%.

Evaluation

Une obligation peut aussi être surévaluée ou sous-évaluée.

La valeur de l’obligation dépend d’un certain nombre de paramètres :

-          L’évolution des taux d’intérêt: la hausse des taux pénalise les obligations, leur baisse les favorise.

-          La sensibilité d’une obligation à la variation des taux est appelée « duration » : plus la duration est élevée, plus la variation des taux impacte la valeur de l’obligation.

-          La notation de l’émetteur (lorsqu’elle existe) exprime la crédibilité de l’émetteur au regard de sa capacité à rembourser ses emprunts.

-          Le « spread » ou écart de rendement entre l’obligation émise et un titre considéré comme « sans risque » (bons du Trésor, Bund, OAT) exprime la cherté relative d’une obligation. Plus le spread est élevé, plus le marché considère l’émetteur comme risqué. Toutefois, un investisseur qui estime qu’un titre ayant un spread élevé est moins risqué que ce que pense le marché achètera cette obligation pour bénéficier d’un rendement élevé. Si la société se révèle moins risquée, logiquement le spread baissera et la valeur de l’obligation s’appréciera.

-          Les investisseurs font la distinction entre catégories obligataires en fonction du degré de risque et du niveau de notation. On distingue la catégorie « investissement » ou « Investment Grade » (IG) pour les obligations notées « BBB-/Baa3 » et plus (selon l’agence de notation) de la catégorie « haut rendement » ou « High Yield » pour les émissions notées en-deçà de la note « BBB-/Baa3 ».

-          La liquidité d’un titre reste un élément important à considérer, en particulier lorsque les investisseurs s’exposent massivement à une classe d’actifs.

Risque

Au final, une obligation, de par le coupon qu’elle verse, le remboursement du capital initialement prêté et les sûretés qu’elle peut offrir, présente moins de risque qu’une action. Mais elle n’est pas dénuée de risque pour autant, et nécessite donc d’être analysée en profondeur avant d’être achetée.

Lorsque les investisseurs sont confrontés à une baisse des rendements des titres les plus sûrs (obligations d'Etats de grande qualité), les investisseurs vont chercher du coupon sur des notations de moins bonne qualité, augmentant de facto le risque de leur portefeuille.

Il faut aussi noter que de nombreux émetteurs privés ont eu tendance ces dernières années à accroître le montant du nominal (plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros), limitant de fait leur accès aux seuls investisseurs professionnels.

 

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.

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