Brésil : est-il temps d’être contrariant ?

La Coupe du Monde de football est l’occasion de revenir sur la situation de la 7è économie mondiale et sur ses perspectives de marché.

Jocelyn Jovène 10.06.2014
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Après plusieurs années de croissance molle, de tensions sociales et d’inflation élevée, la situation économique du Brésil est-elle sur le point de s’améliorer ?

C’est le sentiment partagé par les équipes d’Exane BNP Paribas dans une étude publiée en avril dernier après une série de visites dans le pays. Pour ces experts, l’économie brésilienne pourrait retrouver un rythme de croissance de 3%-4% dans les prochaines années.

L’indice Bovespa semble leur donner raison puisqu'il reprend quelques couleurs. Depuis le début de l’année, la Bourse brésilienne affiche une progression de 5,3%, portée par une stabilisation des anticipations de résultats et par une remontée des ratios de valorisation.

Source : Factset, Morningstar.

Le ratio cours sur bénéfice attendus à 12 mois (P/E 12 mois forward) est remonté de 9x mi-mars à 10,6x actuellement, tandis que le ratio cours sur actif net (P/B) est passé de 1x à 1,2x.

Source : Factset, Morningstar.

L’un des catalyseurs d’un regain d’intérêt pour les actions brésiliennes pourrait être l’élection d’un nouveau président doté d’un programme de réformes structurelles ambitieuses à même de redresser la productivité des agents économiques.

Pour Goldman Sachs, le pays, s’il connaît des difficultés depuis 2010, est relativement peu endetté vis-à-vis de l’étranger et dispose de réserves de changes importantes, ce qui devrait lui permettre de mieux résister aux chocs extérieurs que d’autres pays.

Mais il y a encore beaucoup à faire pour convaincre les investisseurs de revenir.

Dans ses dernières perspectives économiques mondiales, le FMI notait en avril dernier que la croissance devrait rester faible cette année, à 1,8%, en raison d’une faiblesse de l’investissement, d’une perte de compétitivité et d’une baisse de la confiance des dirigeants d’entreprises. Dans le même temps, l’inflation devrait rester élevée (5,9%) et contraindre les autorités monétaires à conduire une politique monétaire plus restrictive.

Les chiffres de croissance du premier trimestre plaidaient eux aussi pour une certaine prudence. Certains économistes estiment que le taux d’investissement est insuffisant pour soutenir un rythme de croissance plus élevé. Enfin, le pays souffre d’une devise surévaluée.

Les flux de capitaux semblent plutôt confirmer cette prudence. Ainsi, les fonds investis en actions brésiliennes continuent de subir une décollecte en Europe depuis le début de l’année (-127 millions d’euros selon les données Morningstar à fin avril après 1,05 milliard d’euros perdus en 2013).

Source: Morningstar.

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.