Financière Arbevel : « Les petites valeurs sont une vraie source de diversification »

Sébastien Lalevée, directeur général, partage ses vues sur les marchés et le segment des petites et moyennes valeurs.

Jocelyn Jovène 16.01.2014
Facebook Twitter LinkedIn

Financière Arbevel a connu une nette progression de ses encours en 2013 et fait partie des gérants qui ont bien performé. La société gère aujourd’hui environ 180 millions d’euros, dont 70 millions au sein de sa gestion privée. Sébastien Lalevée, son directeur général, partage ses vues sur les marchés et le segment des petites et moyennes valeurs, spécialité de la société de gestion.

Quel est votre process d’investissement ?

Nos fonds sont construits selon une approche de stock-picking qui s’inscrit dans une analyse top-down des marchés. Grâce à nos ressources internes, nous allons regarder des entreprises peu ou pas suivies par la plupart des sociétés de gestion : 50% des fonds sont investis dans des titres ayant une capitalisation boursière inférieure à 500 millions d’euros.

Depuis que Jean-Baptiste Delabare et moi-même avons repris la société fin 2008, puis la gestion des fonds début 2009 notre encours est passé de 22 millions d’euros à 180 millions d’euros.

Qu’apporte votre stratégie à un investisseur en termes de diversification ou de recherche de performance ?

Notre fonds est différentiant car il n’est pas basé sur le « momentum » et n’est pas lié à un indice de référence. Il évolue parfois différemment du marché du fait de son exposition aux petites et microcaps qui peuvent réagir indépendamment du béta du marché. Certains investisseurs l’utilisent justement à cause de sa capacité à ne pas être corrélé à l’évolution des indices. Près de 50% des actifs sont investis dans des sociétés de moins de 500 millions d’euros de capitalisation boursière. Pour un fonds de cette taille (100 millions d’euros aujourd’hui), c’est très différentiant.

Quel est votre sentiment sur la valorisation des actions après la hausse récente des Bourses ?

La valorisation des actions est raisonnable dans l’absolu et très attractive en relatif. Pour un allocataire, les actions sont aujourd’hui le meilleur endroit où placer son argent. Pour la première fois, nous débutons 2014 avec des hypothèses de bénéfices par action qui ne sont pas incohérentes par rapport aux prévisions macro-économiques. En outre, la phase d’expansion des multiples n’est sans doute pas terminée.

Quels éléments pourraient soutenir une hausse des actions selon vous ?

Deux éléments importants, parfois ignorés par les investisseurs. Tout d’abord, nous sortons de 5 ans de crise, marqué par des réductions de coûts importantes et une longue phase de sous-investissement. Les entreprises ont des bilans sains dans l’ensemble, dans un environnement qui se normalise.

Si vous y ajoutez des perspectives 2014 qui sont moins anxyogènes (recul des spreads dans les pays périphériques, indicateurs de risque au plus bas depuis 2008, recul des primes de risque), tout cela peut contribuer à un moment à une relance des investissements.

Ensuite, les sociétés se restructurent depuis 5 ans et disposent aujourd’hui d’un levier opérationnel qui n’a pas été visible car les économies de coûts ont souvent coïncidé avec des replis d’activité. Si la croissance revient, l’impact sur les marges sera significatif. Mais cela, le consensus ne le voit pas et conserve une attitude prudente.

Quelles idées d’investissement jouez-vous dans vos fonds ?

Les principaux thèmes d’investissement auxquels nous sommes exposés sont les paiements via des titres comme Ingénico, Gemalto et Wirecard. Nous sommes également investis dans la mobilité avec des titres comme Gameloft et Dialog semiconductor. Enfin nous avons aussi une exposition à l’automobile à travers des titres comme Plastic omnium, Faurecia, Montupet et Delfingen.

 

Facebook Twitter LinkedIn

Valeurs citées dans l'article

NomValeurVariation (%)Notation Morningstar
Delfingen Industry SA29,50 EUR-0,34
Faurecia SE11,03 EUR-0,72

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.