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Malkiel : ce que la crise aurait dû enseigner aux investisseurs

L’auteur et professeur à l’Université de Princeton Burton Malkiel estime que les investisseurs qui évitent les actions n’ont pas appris leur leçon de la crise de 2008.

Christine Benz 16.09.2013

Christine Benz : Bonjour, je suis Christine Benz de Morningstar. Quelles leçons les investisseurs ont-ils retiré de la crise de 2008 ? Pour en discuter, je suis avec Burton Malkiel. Il est professeur à l’Université de Princeton et auteur de plusieurs livres, dont A Random Walk Down Wall Street. Professeur, merci beaucoup de nous rejoindre.

Burton Malkiel : Avec plaisir.

Christine Benz : Commençons par les enseignements que les investisseurs peuvent retirer de la crise financière. 5 ans après la faillite de Lehman, quelles leçons importantes les investisseurs ont-ils apprises selon vous ?

Burton Malkiel : Malheureusement, je crains que la principale leçon est qu’un nombre important d’investisseurs ont appris une mauvaise leçon. Nommément, je pense que la leçon apprise est, « Nous ne devons plus jamais faire confiance aux actions », parce que lorsque vous regardez les flux d’argents dans les fonds investis en actions depuis le début de la crise, je crois que c’est proche de zéro. Il y a eu un peu de flux avec la remontée des marchés, mais cela n’a rien à voir avec ce que l’on a pu observer par le passé, car avec la performance du S&P 500 ces deux dernières années, vous devriez observer un rush vers les actions. Les choses évoluent un peu dernièrement, mais dans l’ensemble les gens n’ont pas investi leur argent dans les actions depuis le krach.

Bien sûr, ils sont sortis des actions en 2007 et 2008 à un rythme sans précédent. Je conduis une recherche sur ce que l’on peut appeler la crise des retraites aux Etats-Unis. Je ne peux vous dire combien de gens que je vois et qui croient que les actions ne sont pas adaptées à leur plan 401(k). Pour moi, voilà malheureusement la leçon qu’ils ont apprise et c’est une mauvaise leçon.

Christine Benz : Que pensez-vous que les investisseurs peuvent faire ? Nous avons tendance à conduire en regardant dans le rétroviseur et à orienter notre argent vers ce qui a bien performé, et pour ce qui est des 5 dernières années, ce sont surtout les obligations et les fonds obligataires. Que peuvent faire les investisseurs pour contrarier les pires tendances de ne s’intéresser qu’à ce qui a bien marché dans le passé récent ?

Burton Malkiel : Je pense que l’une des leçons atemporelles est celle d’une large diversification, et que cela signifie de détenir des actions, et vous ne voulez pas uniquement des actions américaines parce qu’elles ont mieux performé qu’ailleurs. Vous voulez avoir des actions européennes qui sont déprimées. Vous voulez aussi détenir des actions émergentes qui sont déprimées. Vous voulez avoir quelques choses qui vont bouger avec les prix réels de l’immobilier, comme un fonds REIT. Vous voulez sans doute aussi détenir quelques obligations, mais pas uniquement des obligations américaines car je pense qu’elles ne produiront pas le type de performance que l’on a vu dans le passé.

Encore une fois, je pense qu’une vieille leçon d’une large diversification et d’un rebalancement, parce que ce qu’un rebalancement oblige justement un investisseur à faire l’inverse de ce qu’il serait tenté de faire. Le rebalancement dit : « retirons un peu d’argent des classes d’actifs qui ont bien performé et plaçons-le dans celles qui sont en retard. » Mon avis est que de nombreux investisseurs, du fait de considérations comportementales, font exactement l’opposé de ce qu’il faut faire, et le fait d’avoir une approche automatique, ou en laissant quelqu’un rebalancer à leur place, est peut-être une bonne chose.

Christine Benz : Je connais beaucoup de plans 401(k) qui disposent d’une telle option ; [les investisseurs peuvent] demander à ce que le plan bénéficie d’un rebalancement automatique. Rappelons que vous êtes affilié à une société qui s’appelle Rebalance IRA.

Burton Malkiel : Tout à fait, et avec une société appellée Wealthfront, et nous faisons le même type d’activité. Je pense que c’est la leçon qui aurait dû être apprise, et autant que je puisse l’observer, je pense que cela reste une leçon importante pour le futur.

Christine Benz : [Les investisseurs devraient] disposer d’un cadre d’allocation d’actif bien diversifiée, plus ou moins stratégique, mais utiliser le rebalancement comme un moins de renverser les probabilités en leur faveur en étant sûr de ne pas rajouter la mauvaise classe d’actifs lors de ces points d’inflexion critiques.

Burton Malkiel : Je pense que l’autre élément à prendre en compte, puisque la base de tous les rendements – si vous considérez que pour un investisseur américain la base ce sont les obligations d’Etat sans risque et l’absence de risque tient au fait que le gouvernement peut toujours imprimer de la monnaie pour rembourser ses dettes – puisque les taux sont très très bas, il est possible que tous les rendements, les actions, quoi que ce soit, seront à l’avenir plus faibles que ce qu’ils étaient dans le passé, où une obligation d’Etat rapportait environ 4% à 5% par an. Puisque les taux sont plus bas aujourd’hui, les rendements à attendre seront également plus faibles. Cela amène une autre leçon très importante, qui est que dans un environnement comme celui-ci vous devez minimiser vos coûts, car si une commission de 1% semble, en apparence, « oh, c’est infinitésimal, c’est très faible », dans un environnement de faibles rendements, c’est en fait un élément qui démotive tout investissement.

Chercher des moyens de réduire les coûts des conseils financiers et le coût des fonds que vous achetez, le coût des, si vous voulez, l’ensemble des commissions d’une activité de conseil financier, sera de plus en plus critique à l’avenir. Je pense que, encore une fois, une grande leçon, et je ne sais pas si les gens l’ont bien apprise ou pas, mais c’est certainement une leçon qu’ils doivent retenir.

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A propos de l'auteur

Christine Benz

Christine Benz  responsable des questions de finance personnelle de Morningstar.

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