L’Oréal : l’épaisseur du trait

Le groupe manque de peu les attentes du consensus en termes de croissance organique, mais se trouve sanctionné à cause d’une valorisation exigeante.

Jocelyn Jovène 17.07.2013
Facebook Twitter LinkedIn

L’Oréal signait mercredi matin la plus forte baisse au sein de l’indice CAC 40, après l’annonce mardi soir d’une croissance des ventes du deuxième trimestre inférieure aux attentes du marché – un loupé d’un cheveu : +5,2% annoncé par le groupe contre +5,4% attendus par le consensus. Un loupé qui s’explique notamment par les difficultés du marché européen, même si le groupe indique y gagner des parts de marché, et par le ralentissement des activités Luxe et des ventes en Asie.

La raison plus fondamentale de cette correction tient au parcours plutôt remarquable du titre depuis 5 ans et au niveau de valorisation atteint. En 5 ans, l’action L’Oréal a doublé de valeur quand le reste des actions européennes faisait sur surplace. En termes de valorisation, le groupe de cosmétiques se traite sur un multiple 12 mois forward (basé sur le bénéfice par action prévu au cours des 12 prochains mois) de 23,3x contre une moyenne historique sur 5 ans de 18,8x.

A titre de comparaison, la rentabilité des fonds propres est estimée à 14,5% cette année contre une moyenne historique de 15,9% sur 5 ans. Il y a donc un décalage entre ce qu’attend le marché et les fondamentaux du groupe. Entre un titre qui atteint des plus hauts historiques et une valorisation un peu plus déconnectée des fondamentaux, on peut comprendre la correction de L’Oréal en Bourse.

Si l’on se projette sur une perspective plus long terme, on peut estimer, comme Erin Lash, l’analyste de Morningstar en charge du suivi de L’Oréal, que le groupe dispose de nombreux atouts : un portefeuille d’activité diversifié sur le plan des produits, des marques et de la présence géographique. A cela s’ajoute un effort d’investissement soutenu en matière de publicité-promotion des produits, sensiblement plus élevé que Procter & Gamble ou Estee Lauder.

Mais ces qualités sont aujourd’hui largement intégrées dans le cours de Bourse, au moment où le consensus se rend compte qu’il est peut-être plus raisonnable d’intégrer une croissance organique des ventes de 5%-5,5% par an plutôt qu’une hausse de 5,5%-6,5% auparavant, comme l’observent les analystes de Natixis Securities dans une note publiée aujourd’hui.

Facebook Twitter LinkedIn

Valeurs citées dans l'article

NomValeurVariation (%)Notation Morningstar
L'Oreal SA404,45 EUR-0,15Rating
Procter & Gamble Co167,96 USD0,31Rating
The Estee Lauder Companies Inc Class A99,18 USD2,35Rating

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.