Comment détecter un "profit warning"

Les avertissements sur résultats n’arrivent jamais de nulle part, certains signaux avant-coureurs étant perceptibles parfois longtemps à l’avance.

Morningstar 04.07.2013
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Les avertissements sur résultats n’arrivent jamais de nulle part, certains signaux avant-coureurs étant perceptibles parfois longtemps à l’avance.

Communication

Le signal le plus évident d’un prochain avertissement sur résultat est généralement enfui dans le style et le contenu de la communication financière d’une entreprise.

Une firme qui se résout à émettre un avertissement sur résultat aura parfois donné des indications que l’activité ne se comporte pas aussi bien qu’anticipé. Cela peut être évoqué lors de l’annonce des résultats de l’exercice précédent, durant laquelle l’entreprise peut souligner un manque de visibilité sur les ventes à venir ou sur les perspectives d’activité ou de résultat.

D’autres expressions utilisées dans ses communiqués de presse comme « l’allongement du cycle de ventes », « des bases de comparaison difficiles » peuvent être employées. Cela ne signifie pas que forcément ces entreprises feront un « profit warning ». Mais le sentiment négatif ou l’excès de prudence d’une équipe dirigeante doit souvent être l’occasion de s’intéresser avec plus d’attention à la situation de leur société.

Autres signaux d’alerte : le report de la publication des résultats (plutôt rare pour les grandes groupes ; plus fréquent pour les petites sociétés cotées), ou le changement d’attitude en termes de communication (une société habituée à beaucoup communiquer se fait soudainement beaucoup plus discrète).

Résultats financiers

Les meilleurs indicateurs d’une situation qui peut conduire à un avertissement sont souvent à trouver dans les comptes des sociétés elles-mêmes. Parmi ces alertes on peut trouver :

L’accord entre les flux de trésorerie et les résultats : l’adage financier dit que « le cash est un fait, le résultat est une opinion ». Il y a beaucoup de moyen pour une entreprise de « manipuler » son résultat net, pouvant donner l’illusion que tout va bien. Par exemple, constater des éléments de résultat exceptionnel pour augmenter le résultat net ou modifier le mode de traitement comptable de certains actifs (dépréciations et amortissements ou comptabilisation en charges pour les dépenses de recherche et développement par exemple).

Au final, le tableau de flux de trésorerie devrait montrer si les profits que l’entreprise prétend générer sont bien réels ou s’ils ont été « boostés » par un quelconque bidouillage comptable.

Créances clients : au bilan, si les créances clients augmentent rapidement, alors que le nombre de jours pour payer les fournisseurs augmente aussi, cela peut indiquer une augmentation des créances douteuses.

Les annexes : document indispensable et souvent négligé par les investisseurs, les annexes peuvent contenir une information qui peut permettre d’anticiper la survenance de problèmes ou de difficultés à venir.

Les transactions des dirigeants

L’intervention des dirigeants ou d’autres « insiders » (directeur général, directeur financier) sur les titres d’une société cotées (notamment des ventes significatives d’actions) peuvent parfois alerter que tout n’est pas au beau fixe, en particulier s’il n’y a pas d’explication valable de telles transactions. Cela est en particulier le cas si ce type d’opération survient alors qu’il serait plus logique que ces personnes achètent des titres, après la chute du cours de Bourse par exemple. Les changements de positions de certains gérants habiles ou réputés peuvent également être un signal avant-coureur de difficultés.

Changement de conseil

Le changement de conseillers ou de commissaire aux comptes devrait aussi conduire à investiguer. Il peut y avoir une explication tout à fait plausible pour un tel changement, mais le mieux est de savoir pourquoi cela se produit.

Expérience personnelle

Votre propre expérience peut vous servir de guide, en particulier celle en tant que client d’une entreprise, qui peut vous donner des indications d’activité moins dynamique (en particulier dans des secteurs « visibles » comme la distribution). 

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