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Etoile Montante : Neptune

Le patron de la société de gestion britannique Neptune se rêve en boutique internationale.

Activiste, Robin Geffen ? Bien qu’il s’en défende, le fondateur de Neptune IM garde à 54 ans le tempérament sportif et tenace de ses années de formation. L’année dernière il a contribué à faire plier Prudential qui avait lancé une offre sur AIA (American International Assurance, filiale asiatique de AIG) pour près de 23 milliards de livres. En fédérant un groupe d’actionnaires représentant près de 25% des droits de vote, il a obtenu gain de cause.

Bien sûr, ses croisades ne sont pas toujours couronnées de succès. Comme ce fut le cas par exemple en 2006, lorsqu’il s’oppose à Baugur, société d’investissement islandaise qui veut reprendre le distributeur britannique House of Fraser. Finalement Baugur aura gain de cause, mais les analyses et les craintes de Geffen se révèlent in fine fondées : des irrégularités comptables sont relevées, Baugur se retrouve en cessation de paiement en 2009, et en mai 2011 House of Fraser est obligé d’émettre pour 250 millions de livres d’obligations afin de refinancer la dette de 450 millions mise en place pour son rachat en 2006…

Reste que depuis ses premiers pas en 1979, sa doctrine reste la même : connaître ses dossiers, ne rien laisser au hasard, chercher toujours le maximum de transparence. Lorsqu’il fonde Neptune en 2002 en apportant dans la corbeille de la mariée 4 fonds qu’il gère déjà (les 4 fonds existent toujours) après plus de 20 ans d’expérience au sein de différentes maisons, son approche de gestion est déjà bien rodée. Et il structurera l’équipe de gestion, aujourd’hui à la tête de plus d’une vingtaine de fonds, par expertise sectorielle : chaque gérant, outre les fonds dont il a la responsabilité directe, dispose d’une expertise sectorielle. Ensuite, au sein de réunions, les analyses de tendances sont partagées entre tous les membres de l’équipe de gestion.

Les résultats en termes de performance et aussi de collecte seront rapidement là : Neptune lance régulièrement des fonds année après année jusqu’à atteindre mi-2001 6,7 milliards de livres (environ 7,7 milliards d’euros) d’encours. Avec un savoir-faire dans le monde action, l’équipe de Neptune met en œuvre une gestion plutôt concentrée, de conviction, mais pas uniquement bottom-up. Mais si les valeurs sont choisies sur la base de convictions fortes, les gérants sont épaulés par un économiste qui les aide à avoir un cadre de réflexion macro. Pas de doute, pour Robin Geffen, ce travail d’équipe porte ses fruits, « c’est ainsi qu’on a su éviter les financières ». Et il n’hésite pas à être contrariant : l’énergie et la finance dominent la bourse russe, qu’à cela ne tienne, il préfère s’intéresser aux valeurs de la consommation en tablant sur l’élévation du niveau de vie des Russes.

Reste que Geffen n’a pas toujours la main verte. Une incursion dans le monde obligataire tourne court, et les 2 fonds lancés en 2008 et 2009 sur cette classe d’actifs (obligations internationales et corporate) seront rapidement fermés fin 2010. La direction de Neptune invoque un manque d’intérêt de la part des investisseurs…

En revanche, la stratégie de développement à l’international initiée en 2007 semble recueillir l’assentiment des investisseurs. Après avoir fait agréer ses fonds aux Pays-Bas, la société a progressivement fait enregistrer plusieurs de ses fonds en Autriche, en Suisse, en Allemagne et en France où une dizaine de fonds sont proposés. Actuellement Neptune compte environ 10% d’encours non-britanniques et ambitionne de porter ce nombre à 20 ou 25% d’ici 3 ans. Mais Robin Geffen n’est-il pas un homme (trop) pressé ? Son goût pour les chevaux (les siens ont gagné plusieurs prix) le porte peut-être aussi à privilégier la course. De 4 fonds en 2002, Neptune en est arrivé à plus de 20 fonds en 2011 (sans compter les fonds qui ont dû être fermés) et entend bien ne pas en rester là.

Ainsi, Neptune a lancé un fonds Green Planet en 2006 dont les performances ne sont pas exaltantes. Lancement opportuniste pour surfer sur un phénomène de mode ? La société de gestion s’en défend et explique que son gérant, Chris Taylor, d’autre part directeur de la recherche, a toujours manifesté de l’intérêt pour les investissements environnementaux et dispose des ressources adéquates. Il est vrai que Robin Geffen revendique une approche pragmatique dans la marche de son entreprise : d’abord lancer le fonds, le laisser s’installer, avant de le mettre en avant et d’en faire la promotion. Quand il lance son fonds Inde en 2006, il estime que « ce n’est pas le bon moment pour investir en Inde. Mais ce sera un des marchés majeurs d’ici 15 à 20 ans »

Stratégie de long terme ou effet de communication ? Toujours est-il que le fonds Neptune India se positionne aujourd’hui favorablement face à ses concurrents, avec à fin août une performance annualisée sur 3 ans de 6,22%, soit 1,42% de mieux que la moyenne de la catégorie à laquelle il appartient.

Diplômé de philosophie et de théologie, celui qui aurait aimé être un chef étoilé par le Michelin s’il n’avait pas fait de la gestion, fait preuve de vertu avec une part de ses actifs personnels investis dans les fonds qu’il gère, des bonus calculés sur les performances et la qualité du travail d’équipe. Mais avec une équipe de près de 100 personnes qui détient 75% du capital de la société de gestion, Robin Geffen saura-t-il préserver l’esprit boutique de Neptune ?

Pour consulter la liste des fonds Neptune disponibles en France, CLIQUEZ ICI.

Cet article a été initialement publié dans le magazine MorningstarProfessional de septembre 2011.

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A propos de l'auteur

Frédéric Lorenzini

Frédéric Lorenzini  est Directeur de la Recherche de Morningstar France.

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